ELISA ***

24 Déc

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4sur5  Jean Becker a tendance à diluer la force de ses récits par un trop-plein de moralisme masqué et de figures sociologisantes à la petite semaine. C’est notamment ce qui a rendu son Deux jours à tuer tellement vain ; le désir de raconter des « tranches de vie », de faire  »authentique » est si évident que les personnages et toute leur trajectoire se soumettent à des velléités de concierges jouant les intellos, ou inversement.

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C’est aussi la raison du charme de son œuvre ; elle emprunte à toutes les imageries d’Épinal pour engendrer des produits caractéristiques, enjoués et foncièrement  »réels », à l’instar du Crime au paradis ou des Enfants du marais. Élisa ne s’inscrit pas dans cette lignée de romans bucoliques à la française, mais le film se bâtit étroitement sur un mythe hexagonal, Serge Gainsbourg auquel donne un nouveau corps Philippe Léotard, tout en consacrant (voir anticipant) l’heureuse déchéance de Depardieu, plus humain assumé en ogre.

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Élisa se concentre autour de la quête de Marie (Vanessa Paradis), enfant de la DDASS à la recherche de son père. Envenimée par ses monologues intérieurs (des bribes de Lautner dans la tournure), cette aventurière impulsive et paumée est aussi une observatrice désabusée, de sa propre condition et celle des Hommes. Ces deux façades de sa personnalité sont en interaction permanente ; un équilibre par défaut, en attente d’une vie meilleure, de rencontres ou d’illuminations qui feraient tout basculer. Ou des retrouvailles avec sa source organique, donc avec le sens de sa vie.

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Pour envelopper cette poursuite existentielle, Élisa prend la forme d’un road-movie urbain, auprès de la société des déclassés et des peuples de la rue. La rencontre Paradis-Depardieu, ambiguë, troublante et régénératrice pour les deux personnages, est la pièce maîtresse du long-métrage ; tout le reste, même au plus intense, n’est que figuration ou accompagnement de circonstance, l’urgence de Marie imbibant le film et le spectateur.

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Naturellement, les autres destins sont touchants, du cinquantenaire onaniste désespéré à la gamine négligée et indécise, mais aucun n’est aussi borderline que celui-là, entre exaltation et vertige devant le néant, entre nihilisme et frustration de jouir d’une liberté si hypocrite.

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Fable sur la métamorphose d’une no-future pas décidée à lâcher-prise, gros succès public et critique, Élisa e été un accélérateur pour la carrière de Vanessa Paradis. 

Note globale 76

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MBTI : Vanessa Paradis est une ENFP au Fi marqué. Ses grands-parents sont la caricature de Si dom pathologiques (grand-père ISTJ acrimonieux, grand-mère ISFJ dépendante et insipide). L’espèce de vieil apothicaire du début est un INTJ, version pantouflarde et tatillonne mais aussi plus mystique que la moyenne. La mère, Elisa, est vraisemblablement ENFJ, manifestant un tempérament Fe-N lors des rares moments où elle intervient. 

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Page Allocine

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 Voir l’index cinéma de Zogarok

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