HOME SWEET HOME (Griffith) **

21 Oct

3sur5 « Not biographical but photo-dramatic and allegorical » (panneau introductif), Home sweet Home de Griffith est inspiré par les paroles de la chanson éponyme de John Howard Payne. La séance comprend trois histoires, plus un prologue et épilogue avec Payne incarné par Henry Wathall. Intolerance (1916) aura une structure similaire avec ses 4 histoires en écho (sorte d’extension du ‘montage parallèle’). Payne finit ses excursions en laissant cette chanson (adulée aux USA) puis connaît la rédemption post-mortem. Là-dessus le film véhicule une vision propre, car la biographie de Payne est moins misérable. Elle offre de la matière mélodramatique et plus encore des bases pour un film d’aventures, au sens du voyage comme des intrigues – trajectoire reprise ici qu’en ‘théorie’.

Home sweet home est l’occasion pour Griffith de s’exprimer de façon plus solennelle et probablement projeter un idéal ; c’est aussi un film où il vulgarise son langage en voulant le rendre fort et accessible. Griffith dresse une sorte de film ‘à thèse’ lapidaire, essayant de parler le langage des émotions ‘tendres’ où il n’est pas à son meilleur – il l’est davantage pour poser des ‘tableaux’ éloquents forts en ‘sentiments idéologiques’, A Corner in wheat en attestait dès 1909. L’objectif est de saluer les hommes de génies, aux vies privées souvent bien lamentables mais aux fautes transcendées par leurs contributions admirables. À cette fin Griffith essaie d’universaliser en lissant et présentant des situations qui seraient typiques et communicables à tous. Sa morale plus ou moins conventionnelle sert de fil à une mise en scène impulsive, qui a ses défauts (erreurs visuelles) et ses vertus (énergie des acteurs).

Le parti-pris est utilitaire malgré ses accents lyriques déclarés. Le beau et grand est amalgamé avec le réconfortant. La chanson est vénérable car elle a un impact positif, améliore et guide des vies ; elle rejoint la catégorie de l’art qui sauve et guérit ! Dans les trois histoires, elle détermine le revirement final, toujours heureux, ramenant au couple et à la famille qui sont les seuls cadres envisagés. La notion de réussite est synthétique, traversée par l’opportunisme et les humeurs entourant les conditions de fabrication du film, agrégées autour de l’idéal plus noble mis en étendard. Cette représentation est quantitative (beaucoup de gens atteints) et qualitative (éveil sur les choix de vie, accession au bonheur), ralliée à une prose altruiste et une vision américaine ‘typique’ (tout succès est externe – ou doit finir par le devenir), sans se reposer sur des critères d’industriel ou de commercial (mais disponible). En somme Griffith se fait démocratique et positiviste pour justifier un grand principe plus aventureux et idéaliste, en légitimant l’artiste, sa ‘mauvaise vie [de bohème]’ et ses libertés prises avec ses devoirs et la morale.

Note globale 56

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions…

Scénario & Écriture (2), Casting/Personnages (2), Dialogues (-), Son/Musique-BO (-), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (2), Ambition (4), Audace (3), Discours/Morale (3), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (3)

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