COMME DES BÊTES **

18 Oct

2sur5  Secret Life of Pets rejoint la tradition de l’animation anthropomorphique sans se planter ni faire de vagues. Les studios Illumination sont déjà tellement installés qu’ils peuvent se passer de la moindre prise de risque. Grâce à leurs mascottes les Minions, ils sont déjà une menace pour Blue Sky Studios, les fournisseurs de L’Age de Glace. Ils apparaissent dans le générique/logo et accompagnent le sixième long-métrage dans sa sortie en salles, via le court Minions en herbes.

Comme des bêtes est plus doux et aimable qu’Angry Birds, autre star de l’animation de 2016, mais n’a pas tant d’étoffe. Il propose de découvrir la ‘vraie vie’ des animaux domestiques et est assez timoré sur ce point, se contentant d’acquis et de portraits minimalistes, à gros traits (la feignasse sarcastique, la chienne sophistiquée pour riches, etc). La virée dans New York est énergique mais les aventures banales – hormis via l’antre des caïds, pas de découverte ou de défis originaux. La rhétorique des animaux rebelles sonne comme un mélange de ‘dissidence communiste’ et de tribalisme. Le groupe des méchants jouant les ‘adorables’ pour combattre les humains est sous-exploité. La préférence pour le mielleux encourage cette négligence. Ici tout le monde est recevable. Les méchants d’apparence peuvent s’améliorer, l’aigle saura réprimer ses instincts agressifs, le lapin rebelle sera enveloppé d’amour. Chacun peut épanouir sa part de kawai.

Les animaux se mélangent : pas de conflits inter-espèces, mais entre groupes, divisés par rapport aux humains et à leur domestication. Ces affrontements restent secondaires et travaillent plus les recalés (volontaires ou ‘de fait’) que la société des animaux. Ces braves chats, chiens et lapins s’associeront de toutes façons contre la fourrière, le mal ‘humain’ ultime mettant tout le monde d’accord et réduisant à néant toutes les petites croyances ou habitudes. Cet optimisme ne nuit pas au film, mais Comme des bêtes aurait certainement été plus remuant s’il se frottait à des ‘crises’ et des conflits sérieux. On est aux antipodes du Roi Lion, plutôt dans des 101 dalmatiens sans Cruella – les hommes de mains sont des anonymes triviaux. Le message en somme est : la bonne entente avec les humains est possible, la vie est plus belle et harmonieuse sans ambiguïté ou malice. La mort est envisagée à plusieurs reprises, mais le slapstick et les sentiments violents sont mis sur la touche.

Sur la forme Illumination marque des points, même si l’explosion chromatique de Rio est bien au-dessus. Le film est capable d’une certaine inventivité (le ‘clip’ des saucisses dansantes), de scènes charmantes (le flash-back du chien paillasson et son maître) et de petits tours vivaces (la descente en ‘tobogan’). Il est efficace sans être hystérique, au point de devenir un peu trop ‘cool’. L’humour est au diapason – commun et clean. Les péripéties sont prévisibles pour les adultes mais probablement réjouissantes pour les enfants. Comme d’habitude quelques références traînent, avec cette fois un focus sur les comédies musicales des 1970s. La bande-son est moins vulgaire que chez la concurrence ; pop/r&b femelle pourri balancé par le happy swing old school d’Alexandre Desplat.

Note globale 53

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Vice-Versa  

Scénario & Écriture (2), Casting/Personnages (2), Dialogues (2), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (2), Ambition (3), Audace (1), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (2)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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