LA GRANDE ATTAQUE DU TRAIN D’OR **

6 Oct

2sur5 Michael Crichton en tant que réalisateur s’est illustré par des techno-thrillers principalement, comme Mondwest qui est un des premiers à introduire des images synthèse, ou le complotiste Coma. Aussi La Grande Attaque du train d’or, film dans l’esprit Arsène Lupin, constitue pour Crichton une ‘pause’. Mais la sieste est pourvue d’un gros casting, Sean Connery incarnant le personnage principal, Donald Sutherland son complice et Lesely Anne-Down son amante.

Le film est tiède voire frustrant sur presque tous les points, n’en marque de décisifs que sur trois terrains, principalement d’ordre esthétique. Il est sobre et tout-terrain, ne devrait choquer personne et s’apprécie sans que le spectateur ait à consentir d’efforts ni à se rabaisser. Les interprètes ont un certain éclat grâce à leurs costumes, leurs interventions lissées et leurs mines apprêtées. Enfin et c’est le plus important, la photographie rehausse le niveau du film, injectant une sensibilité impressionniste aux tableaux les plus mornes, valorisant les quelques décors exquis de la campagne anglaise. D’ailleurs Geoffroy Unsworth enchaînera avec Tess de Polanski, pendant le tournage duquel il mourra – le film est donc dédié à ce chef opérateur, qui avait participé au 2001 de Kubrick.

Mais avec cette Grande attaque les limites sont vite touchées, dans quelque sens que ce soit car l’excès de prudence a aussi ses vertus. Les escrocs distingués étaient censés monter un tour ambitieux, or la liaison entretenue à cette fin par Connery occupe la grande majorité du film. Des films ultérieurs dans le même registre (investigation/tromperie) et avec ce tandem sont bien plus convaincants. Les manquements sont aussi dans la forme, puisque le personnage de Connery, non seulement ne sera jamais développé, mais en plus exerce assez peu ses talents et même son caractère ; on le sait charmeur, manipulateur sophistiqué, adaptable, tout ce qui en est tiré à l’écran, c’est la souplesse. Au moins Haute voltige, au style vulgaire et aux ressorts fantaisistes, aura le mérite d’exploiter son archétype (en plus de savoir égayer le chaland).

La mise en scène sape l’ambiance induite par la texture de l’image et renforce le sentiment d’une sophistication ‘gelée’. Elle est fade, présentant presque toujours plans moyens frontaux et aucune ‘coloration’, à quoi s’ajoute un déroulé sans remous ni coups d’accélérations. Le scénario, déjà converti en roman par Crichton (The Great Train Robberry – 1855) s’inspire pourtant d’un fait divers croustillant, le ‘grand vol d’or de 1855’ accompli dans un train. Mais Crichton se contente d’en faire le support de quelques bons mots, d’une once de malice ; ce sont des coups accumulés qui ne servent pas la vibration générale, d’un lénifiant terrible. Reste à apprécier la balade sous l’ère victorienne, mais pour repérer le mobilier plus que l’âme surtout que Crichton pousse à fond sa mauvaise manie de réalisateur : se dérober à toutes les confrontations. Ainsi le procès à la fin laisse entrevoir une issue à La Poison, mais n’ira là que dans les proportions les plus galantes et hypocrites. Ce film aura laissé couler en se faisant ‘plus royaliste que le roi’, car égal au personnage, indifférent et pas affecté par toutes ces considérations ; mais alors à quoi bon, pourquoi se doter de ressources solides pour suivre les traces amorphes d’un lucide n’ayant que des mensonges blancs à livrer ?

Note globale 47

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Ocean’s Eleven

Scénario & Écriture (3), Casting/Personnages (2), Dialogues (3), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (2), Ambition (3), Audace (1), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (2)

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