LES DEUX TRINITA **

25 Sep

Le premier ouvre la phase du « western fayot », marquant la dégénérescence du genre.

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trinita

ON L’APPELLE TRINITA ***

3sur5  Dans les années 1950, le western se remet en question : c’est alors l’heure du « surwestern » et du western « baroque ». Le western « spaghetti » (italien) prend la relève de l’américain, classique comme moderne, avec Leone en chef de file dans les années 1960. Ce renouveau s’accompagne lui aussi de vagues ‘dissidentes’, formant un sous-genre ouvertement politisé (« zapata »), parfois à l’excès, au risque de dénaturer. C’est dans ce contexte qu’arrive On l’appelle Trinita, une surprise de l’an 1970, qui rencontre un immense succès.

Il génère malgré lui le « western fayot », cousin éloigné (en mode bis décontracté) du « western crépusculaire » puisque tous les mythes de l’Ouest y sont désacralisés, dans une optique parodique et burlesque. Dans On l’appelle Trinita, la violence est enfantine : il n’y a pas de sang, surtout des coups. Cet opus n’est pas encore une gaudriole totale : c’est bien une parodie complaisante, tirant sur la farce, mais surtout un film léger, aux élans gras mesurés. La vulgarisation du genre est tempérée par le déploiement d’un certain folklore ; les italiens sont en train de concevoir leur Obélix en la personne de Bud Spencer, le village n’est pas gaulois mais ouvert sur le désert, les mormons sont sous influence hippie.

Spencer (le shériff poisseux) est ronchon et dur, mais dur comme peut l’être un gros ours dans une bande-dessinée. Le camarade Hill, son frère dans le film, est carrément un aventurier paresseux. En plus d’approcher le comics Trinita met carrément le pied dans le buddy-movie, tel que pratiqué dans les années 1990 avec L’arme fatale par exemple. Cette association (pourtant opérée par défaut) s’avère maline puisque le tandem Spencer/Hill sera, dans les années à venir, l’argument de vente d’une dizaine de bouffonneries plus ou moins corsées qui participeront au rayonnement de ce western « fayot ». Parmi eux se trouve le second Trinita ; des films antérieurs seront rattachés à la ‘saga Trinita’ dans certaines traductions dont la version française.

Note globale 63

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Des Hommes et des Dieux + La Soif de l’Or + Astérix et Obélix contre César

Scénario & Ecriture (3), Casting/Personnages (4), Dialogues (3), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (3), Ambition (3), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (3)

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ON L’APPELLE ENCORE TRINITA *

2sur5  En 1970, On l’appelle Trinita créait la surprise en remportant un succès foudroyant. Il donnait au « western fayot » son impulsion et lançait le tandem culte formé par Bud Spencer et Terence Hill. On l’appelle encore Trinita est la suite de cette œuvre de référence dans la mise à sac du prestige d’un genre. Sorti un an après, ce Trinita 2 est une parodie accomplie, à fond et exclusivement dans la déconstruction ou dans le gag benêt et trivial. Le premier Trinita était un attentat pour les puristes, mais il avait une fraîcheur et inventait une espèce de sous-western tirant vers le comics.

Trinita 2 ne persévère dans cette voie que pour se vautrer dans la facilité. Il n’y a plus que des ruines pour contraster avec la gouaille purulente et sans génie. « Maman » la putain est là pour enfoncer le clou et dessiner, plutôt qu’un équivalent italien d’Astérix et Obélix, une sorte de délire sous-Dalton. Le troupier champêtre s’abat sur le Far West avec farts (de bébé) au rendez-vous, les jeux de mots pourris sont abondants. Décousu, peu palpitant, le film flirte avec la médiocrité sans trop se perdre néanmoins ; il reste aimable, grâce à ses paysages, un peu, grâce à ses acteurs surtout, car Hill et surtout Spencer ont du charisme même si le contraire est suggéré.

Néanmoins Trinita 2 n’est jamais qu’un bonus à son prédécesseur, reprenant mollement les éléments de sa configuration (par exemple, le vieux sage pauvre avec une fille attractive), s’éparpillant pour meubler activement un squelette narratif décharné. Il est une parodie mais aussi déjà une autoparodie, souffrant lui-même de cette décompression : les bastons n’ont plus aucun charme, à l’essence du western ‘sérieux’ ne se substitue que des élans de nanar poli. De la minimisation de la violence et du cynisme, on passe à leur dénégation complète, pour finir par une bagarre plate et interminable chez les moines : son ampleur objective est complètement minée par une décontraction devenue fin et moyen. La route vers le discount et la vacuité est ouverte.

Note globale 40

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Fart Movie + Running Man + Saga des Tomates Tueuses

Scénario & Ecriture (2), Casting/Personnages (2), Dialogues (1), Son/Musique-BO (-), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (2), Originalité (2), Ambition (1), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (2)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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