KILL LIST *

25 Sep

2sur5  C‘est pas si mauvais. Juste inexistant hors des postures excentriques, aberrant quand ça ose finalement se découvrir. Kill List croit donner dans le Winding Refn poignant (Bleeder, Pusher), en plus snob. Il pense convoquer les tripes, aller loin. Il se plante intégralement. Ce n’est qu’un nanar gonflé à bloc et prétentieux, venu donner la leçon sans avoir l’épaisseur nécessaire, tout en étalant ses fraîches compétences, réelles, vaines.

Bête de festivals en 2011, Kill List s’est évanoui depuis. L’intérêt du film est obscur. Est-il esthétique ? La forme est banale mais acide, jouant l’intégrisme du banal ‘menteur’ au début, sans y trouver de quelconque matière ajoutée ou installer une crise pertinente. Ensuite la mystification pimpante règne. Est-il divertissant ? Assurément pas et son mélange des genres ressemble plutôt à l’errance d’un objet déniant sa vacuité en multipliant les registres pour passer comme un fantôme ou un copycat dans chacun.

L’enquête réserve-t-elle son lot de suspense ? C’est une affaire de mafia et de réseau étrange, avançant laborieusement. Sur le fond le film ne fonctionne que sur un scénario imprévisible. C’est là sa seule façon de susciter une tension. Le spectateur est mis dans une position agaçante. Il doit attendre ce qui va s’ajouter alors que ce qui est présumé important ne l’est qu’en surface.

Enfin, l’intérêt est-il à chercher du côté d’un point de vue abstrait, d’un message, d’une posture analytique ? Le personnage central est parano à tous les degrés, il y a des connotations politiques stériles (le brave a fait la guerre en Irak : soit, détail relevé, ensuite?) et un cortège d’élucubrations misanthropes pourries, relevées par des rituels renvoyant à toutes sortes de superstitions foraines (jusqu’à parodier le climax de A Serbian Film).

Kill List voudrait être un thriller sombre, avec un sujet grave et audacieux. C’est une pure escroquerie, un uppercut de shocker à la retraite. Quand le film doit s’acquitter du réel, donner un peu de trame, de solide, il nous montre deux hommes butant des trafiquants d’enfants. Mais leur adhésion à la justification morale, tant ressassée, n’est jamais construite. Il ne s’agit pas d’une ambiguïté de leur part, c’est le travail de mise en scène, absent (sinon pour l’embrouille et pour des effets sonores très agressifs), qui conduit à ce manque de consistance dans tout ce qui est entrepris ou présumé ; et donc, jamais rien n’est crédible (mais cela peut sembler épatant).

Ni la fausse vendetta, ni la dérive du héros, ni ses sentiments et ceux de son entourage (sauf sa femme, personnage secondaire). Il est même rare qu’on ressente à ce point le caractère factice, emprunté, d’une œuvre de cinéma, sans que le style, l’originalité ou la richesse de l’univers viennent le légitimer (au sens où la crispation de ‘l’original sincère’ explique des dehors hiératiques). Le remplissage mesquin et vaguement sophistiqué comme recette, devient le but par défaut. Les adeptes de Lynch, des carnages coréens, des pires déflagrations de Ken Loach et des classiques de l’occulte, s’ils le souhaitent, trouveront des tas d’opportunités de connexion.

Note globale 34

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… Canine + The Conspiracy + Blow Up + You’re next + A Serbian Film + Killing Angel

Scénario & Écriture (1), Casting/Personnages (1), Dialogues (1), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (1), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (2), Ambition (3), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (1)

 

Voir l’index cinéma de Zogarok

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