SEANCES EXPRESS n°25

9 Sep

> La Malédiction d’Arkham*** (76) épouvante US 1963

> Mes Nuits sont plus Belles que vos Jours** (58) drame-romance France 1989

.

LA MALÉDICTION D’ARKHAM – THE HAUNTED PALACE *** 

4sur5  Mis à mort par des villageois excédés, un nécromancien lance une malédiction sur ses bourreaux et leurs descendants. 110 ans plus tard, le descendant de ce sorcier s’invite avec sa femme dans le village maudit pour retrouver le luxueux château dont il est l’héritier. Mais au travers de Charles, son ancêtre orchestre sa vengeance, allant jusqu’à le posséder pour parfaire ses plans avec l’appui de domestiques demeurés patients et fidèles pendant un siècle. L’épouse, Ann Ward (envoûtante Debra Paget), est la grande victime de ce mauvais sort et de tous ces stratagèmes.

Censément et officiellement adapté de Poe, base plutôt traditionnelle pour le cinéma gothique de l’époque, The Haunted Palace s’est en fait bien davantage inspiré de Lovecraft (allant jusqu’à la citation du Necronomicon) et de sa nouvelle L’Affaire Charles Dexter Ward. L’affiliation à Poe a été soulignée pour l’exploitation du film, mais demeure circonscrite à la citation de ses poèmes.

La Malédiction d’Arkham est un opus de l’industrie Corman d’une rare qualité. Conçu avec ses collaborateurs les plus précieux (en particulier Floyd Crosby pour la photographie), réunissant Vincent Price et Lon Chaney, il éblouit par ses effets spéciaux et sonores aussi radicaux qu’affirmés, ses apparitions et élans fantastiques très élaborés voir impressionnants (les  »aveugles »). Le sens du baroque atteint un point culminant, plus directement spectaculaire et dérangeant avec l’inspiration de Lovecraft. Lyrique et flamboyant comme il se doit, l’ensemble jouit aussi d’un scénario solide, limpide et tortueux, ainsi que de son récit curieusement ancré dans le réel (en tirant un grand avantage dramatique). C’est une rupture là aussi avec le flegme fantasmagorique un peu désuet habituellement entretenu par ces productions, pour un résultat plus calculé et incisif. Corman tutoie la perfection esthétique.

Note globale 76

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

.

.

MES NUITS SONT PLUS BELLES QUE VOS JOURS **

3sur5  A un moment Marceau lâche à Dutronc : « quand vous faites pas le con, vous êtes grave ». Pour une fois, elle a tout compris et parlé pour beaucoup. Dans ce film de Zulawski (Possession, L’Important c’est d’aimer), Lucas et Blanche assument leur passion la nuit alors que les jours de Lucas sont comptés. Dans sa peau, Dutronc ressemble à un Luchini sans humanité, pas moins spirituel, à la logorrhée continue, parlant pour comprendre. Pressé par l’imminence de la mort, il exprime une conscience chaotique, projetée et surtout capturée à l’extérieur. Il joue avec les points, on dirait un Las Vegas Parano littéraire, confinant souvent à l’absurde ou à la farce venteuse.

S’il est enthousiasmant la première demie-heure ; le manège est lassant par la suite, la tête n’en veux plus, les tripes n’y trouve rien, le cœur reste mou et contrarié, trop ballotté, ses suggestions étouffées. Les délires en appartement, en milieu de séance, accouchent d’une période dont la durée se fait sentir et l’agitation disgracieuse épuise. Pour autant, le film conserve un équilibre subtil entre lourdeur et poésie intuitive, stéréotype exalté et originalité aberrante.

L’ensemble est parsemé de réminiscences de traumatismes enfantins. On découvre que depuis toujours, Lucas affirme un égoïsme irrationnel et ludique pour se prémunir des chocs de la vie, des risques de l’amour perdu. Tant qu’à Blanche, dont les numéros de télépathe tendances drama-queen suintent la fièvre et exige la performance viscérale la plus crue, elle est incapable d’être équilibrée car inapte à reconnaître ce qui lui induit et lui veux du bien.

Ces dérapages et cette folie sous contrôle rendent paradoxalement le film malpoli et agressif. Ils en font le film le plus littéralement hystérique de la carrière de Zulawski, proche aussi de l’écriture et la mise en scène automatique. Parfois pénible, toujours d’une pureté héroïque, Mes nuits inspire un certain respect car il va au bout de sa logique, avec malice et authenticité. Son potentiel d’attachement en revanche est plus limité.

Note globale 58

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC

Voir le film sur YouTube

.

Séances Express : 28, 27, 26, 24, 23, 22, 21, 20, 19, 18, 17, 16, 15, 14, 13, 12, 11, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1

.

Voir l’index cinéma de Zogarok

.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :