MARATHON MAN ****

17 Juil

marathon-man-1976-10-g

4sur5  Comme Le Silence des Agneaux pour Jonathan Demme, Marathon Man est le chef-d’oeuvre d’un réalisateur efficace mais sans style propre. En adaptant un roman de William Goldman, romancier qui deviendra un scénariste très demandé pour le cinéma, John Schlesinger a réalisé un des fleurons du thriller paranoiaque et plus généralement, un des thrillers américains les plus marquants de son époque (1976).

 

Si Marathon Man atteint une tension si rare, ce n’est pas tant en raison d’un grand nombre de menaces concrètes ou fantasmées qu’en vertu de son climat étrange. La construction originale pose d’emblée l’absence de repères, mais aussi l’impossible fuite. Dans Marathon Man, tout l’ordre social et humain est corrompu. De l’extérieur, tout est probablement anodin. De l’intérieur, c’est une société en délitement, croulant sous un Mal omniprésent. La réalité de fond est masquée, cela se ressent sans interruption et elle va se révéler quand nous serons affaibli. Cela n’empêche pas le film d’arborer une facette politique bancale, que ce soit dans ses parti-pris avec les archives du coureur ou dans son imagerie supposée vraisemblante avec les manifestants  »contre la pollution ».

 

Anxiogène, la mise en scène ne laisse aucune paix, aucune sécurité de l’esprit. Les individus semblent contaminés par cette saleté, tous fatigués ou agités, même ceux compris comme des forces malveillantes. Il n’y a aucune légèreté ni aucun enthousiasme chez personne. Toutes ces qualités rendent le film singulièrement cauchemardesque. Au sens littéral : Schlesinger nous conduit souvent à la lisière du surréalisme, en particulier lors de l’issue, avec Hezel dans le quartier juif new-yorkais. Dans le même temps, le traitement est purement pragmatique, mécanique et Schlesinger semble encombré par des ambitions théoriques qu’il ne sonde pas vraiment. Marathon Man ne parle absolument pas du monde réel et Schlesinger gagne à laisser les ambitions du thriller paranoiaque typique (dans la lignée de Les Hommes du Président et de ce qui se faisait pendant les 70s) s’échouer pour mieux s’amalgamer avec le spectacle. Les complots dopent le spectacle, leur valeur didactique est nulle.

 

Outre ses séquences surprenantes et l’effroi qu’il inspire, Marathon Man s’impose grâce à ses deux principaux comédiens. Hoffman est un cas particulier. Le décalage entre son statut de fiction (étudiant) et sa réalité (c’est un homme de 38 ans) pose un problème logique, mais renforce à merveille l’esthétique du film, car il dégage la vulnérabilité d’un enfant précipité dans la gueule du loup. Le plus impressionnant est Laurence Olivier, l’acteur shakeasperien incarnant une des figures du Mal pur les plus saturées et précises que le cinéma ait fourni. Homme d’affaires névrosé, médecin sadique et ancien nazi, il porte un lourd CV, mais c’est encore sans compter sur son allure de bourreau policé et ses démonstrations implacables, dont la séance « Is it safe ».

Note globale 80

 

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… Le Dentiste + American Gigolo

Voir le film sur LibertyLand

 Voir l’index cinéma de Zogarok

 

Une Réponse to “MARATHON MAN ****”

  1. Ronnie juillet 17, 2016 à 19:06 #

    Suggestion … Le dentiste.
    J’adore😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :