LE PEUPLE MIGRATEUR ****

27 Juin

4sur5  En 2001, Le Peuple Migrateur est le premier long-métrage déployant une logistique massive pour suivre de près un vol d’oiseaux. Le tournage dure trois ans et nécessite des innovations techniques (avec cinq appareils brevetés à la clé). Le film est centré sur la migrations annuelle des oies sauvages, sur des milliers de km. Il introduit d’autres variétés d’oiseaux (pélicans, canards, perroquets..) et quelques micro-péripéties à la marge. Les commentaires de Perrin sont réduits au minimum, les rares indications écrites sont objectives, donnant la race, la hauteur du vol, le lieu pendant la prise de vue, le trajet d’ensemble.

Ces images sont accompagnées de sons naturels, d’un large panel de cris d’animaux et de quelques musiques calmes (la bande-son est signée Bruno Coulais, collaborateur régulier de Perrin). Le voyage est peu scénarisé, ne cherchant pas à créer l’illusion de missions rapprochant des Hommes ou égayant les enfants (comme le font certains documentaires animaliers avec une mère cherchant sa progéniture, les querelles internes d’une meute, etc). Le film se structure en allant avec les mouvements de la Nature et des animaux. Il assure le suivi des cycles naturels (les vols, les circuits, les modes d’alimentation) et se nourrit d’aléas triviaux, comme les contacts avec les Hommes (chasseurs, scène des animaux en cage) ou leurs effets (le mazoute des marées noires).

Ce mode narratif non-conventionnel donne une impression de pureté ou de vérité. Sans forcer une quelconque magie ni inventer de la majesté, il arrive à générer des émotions agréables, figurer un horizon de plénitude. Cela donne un programme de faible intensité, très diversement appréciable (l’intérêt, sans se dissoudre, peut se faire superficiel voire s’amollir). Dans tous les cas il offre à voir un enfilage [constant] de beaux morceaux, une grande variété de points de vues et d’espèces, quelques pièges comme celui des crabes et de la mouette traînant son aile cassée (67e min). Malgré ses prouesses techniques et un enchantement certain, Le Peuple Migrateur n’a pas l’ampleur poétique de Microcosmos (1996, produit par Perrin), ni la richesse d’informations qu’un documentaire plus concentré aurait donné.

Les rushes du Peuple Migrateur serviront à fabriquer une série documentaire (3 épisodes de 52min) : Les Ailes de la nature, également étiquetée Galatée Films (maison de production de Perrin). Perrin et Cluzaud conjugueront à nouveau leurs efforts pour présenter Océans (2010), puis Les Saisons (2016, où le rejet de l’anthropocentrisme et la volatilité deviennent plombants). Ils tourneront aussi de nombreux documentaires, comme la collection Le peuple des océans pour arte. Perrin reste très actif pour le cinéma au-delà du poste de réalisateur, en tant que producteur, acteur (pour Barratier notamment) mais aussi narrateur (voix-off de La Planète Bleue, du documentaire L’Odyssée de la vie en 2005, VF du Parfum l’année suivante).

Note globale 78

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Scénario & Écriture (3), Casting/Personnages (4), Dialogues (3), Son/Musique-BO (4), Esthétique/Mise en scène (4), Visuel/Photo-technique (5), Originalité (3), Ambition (5), Audace (4), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (3)

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