UN HOMME UN VRAI (Larrieu 2003) *

31 Mai

2sur5  Après huit courts ou moyens, les frères Larrieu réalisent leur premier long-métrage en 2003 : Un homme un vrai, comédie sentimentale loufoque et romanesque, centrée sur une liaison en plusieurs étapes et deux mariages. Mathieu Amalric (Tournée, La Vénus à la fourrure) est l’homme plus ou moins vrai du titre : gamin turbulent et adulte contrarié, toujours dans un mode doux-dingue ou avec un sens des responsabilités malheureux. Le film est tourné à Ibiza et, comme l’ensemble de l’œuvre des Larrieu, dans les Pyrénées – dont ils sont originaires.

Les Larrieu entretiennent leur originalité et leurs enthousiasmes à tout prix, sans peur du ridicule ni souci de pédagogie (ellipses abondantes). Ils jouent sur tous les tons, flirtent avec le mélo ‘sociologisant’, avec la parodie ‘légère’ pour avancer sans blesser leur sensibilité, à l’image de Boris/Amalric déchiré entre effusions généreuses et peur de l’engagement. La méthode : du sarcasme sans méchanceté réelle (pas d’envie de détruire), une expansivité et un sens du partage [ouvertement] sans profondeurs, une quête d’authenticité et d’effervescence compulsives. L’obsession pour les détails ‘poétiques’ et la sacralisation de l’imprévu aboutissent à un enfilage de cartes postales animées où se racontent les destins de braves ‘gentils’ à la nature candide et exaltée. À la vie comme aux loisirs, Amalric et les groupes dont il s’entiche déambulent en touristes. Les aventures s’enchaînent, sexuelles y compris (plusieurs scènes dénudées, focus sur un pelotage de téton attentionné) ; la plupart du temps rien n’a trop d’importance, car rien ne doit en prendre ; ce qui compte c’est d’être affecté et éventuellement le faire savoir.

Au bout du compte ça sonne faux, même pour interpréter le faux ; c’est le parti-pris, chacun joue sa composition dans la vie comme s’il était un personnage de dessin animé (au climax, on flirte avec la comédie musicale façon Resnais). Seuls les besoins ne sont pas artificiels et joyeux. Le chassé-croisé dans la montagne pendant la deuxième heure atténue les pseudo-fièvres pour laisser poindre la sincérité, tout en gardant des aspects ‘feuilletonnant’. C’est en vivant au contact de la nature, perché dans sa montagne, que Boris s’unifie et devient un pilier pour sa femme. L’élévation d’un sentiment amoureux accompagne la maturation d’un besoin d’évasion (provocations, débilités divertissantes au départ ; sérénité plus tard). Tout s’achève dans la bonne humeur et le nihilisme tranquille, avec Katerine à la BO (le master troll de la variété française aura un petit rôle dans Peindre ou faire l’amour, second long des Larrieu – quatre ans plus tard).

Note globale 39

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Le Papillon

Scénario & Écriture (1), Casting/Personnages (2), Dialogues (1), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (4), Ambition (2), Audace (2), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (1)

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