LA GRIFFE DU PASSÉ / PENDEZ-MOI HAUT ET COURT (OUT OF THE PAST) ***

8 Mai

Out of the Past (1947) Directed by Jacques Tourneur Shown from left: Jane Greer, Robert Mitchum

3sur5  Jacques Tourneur a exercé une influence profonde sur le cinéma d’angoisse, notamment au travers de trois opus : La Féline (1942) surtout, puis L’Homme Léopard et Vaudou (1943). Plus tard il frappera fort via Rendez-vous avec la peur (1957). Innovateur dans le fantastique, il déploie aussi ses talents dans le western, le film d’aventures (comme La flibustière des Antilles en 1951) et le film noir. L’exemple le plus fameux est Out of the Past, alternativement nommé en français La Griffe du passé ou Pendez-moi haut et court. Tourné en 1947, celui-ci est loin de réformer les pratiques courantes du cinéma : si la notion de « film noir » n’est mise au point qu’en 1946 et se propagera dix ans plus tard, en revanche le courant est déjà manifeste.

Tourneur s’inscrit donc dans l’air du temps avec succès. Il en résulte la quintessence du film noir, archétypal au dernier degré. L’intérêt d’Out of the Past est de faire exulter un genre et il pourrait très bien occuper la place détenue par Le Faucon Maltais en tant que maître-étalon. L’intrigue est retorse (et ajoute au charme, contrarement à Big Sleep où le jeu finit par écraser le style), les dialogues sont très inspirés, le fatalisme plus profond et étayé que chez les concurrents (The Big combo par exemple), les deux principaux protagonistes sont pris dans des paradoxes inextricables. Ainsi la  »femme fatale », pourtant coopérative et relativement soumise, est poussée au mal par la nécessité et par son idiosyncrasie, plus que par des sentiments ou une volonté propre.

Out of the Past a aussi ses spécificités (surtout dans la seconde moitié, la première se montrant sage et conforme), par sa mise en scène (les éclairages et leurs nuances d’obscurité subliment autant les canons du genre qu’ils font échos aux torsions habituelles chez Tourneur – dans ses oeuvres plus fantaisistes) comme sur le fond. Son héros nécessairement blasé n’est aucunement malsain. Il a dépassé l’amertume et s’est absolument résigné, néanmoins il ne se souille pas pour autant. C’est un incorruptible presque par instinct ou résidu de passion. C’est aussi Robert Mitchum dans le premier rôle où triomphe son calme défaitisme, sept ans avant l’immense Nuit du chasseur. Kirk Douglas, l’incarnation de cette « griffe du passé » le poursuivant dans le film, en est également à ses débuts.

Note globale 69

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Assurance sur la mort + Les Incorruptibles + L’Impasse

Voir le film sur UpStreamists en VO

Scénario & Ecriture (3), Casting/Personnages (4), Dialogues (4), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (4), Visuel/Photo-technique (5), Originalité (3), Ambition (4), Audace (4), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (3)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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