MALICE **

4 Mai

2sur5  Ce thriller dirigé par Harold Becker (Mélodie pour un meurtre, Code Mercury) est connu pour deux choses : le laïus d’Alec Badwin/Dr Colline assumant de se prendre pour « Dieu » et la performance de Nicole Kidman en psychopathe (briefée à cette fin par le spécialiste Robert Hare). Par son allure, le film se fond dans la masse des productions de l’époque – allant jusqu’à se frotter au film de prétoire, mais pour le laisser à une fonction secondaire, afin d’assurer l’ambiance et soutenir le suspense. C’est justement le point où Malice se distingue : cultiver la densité en vain, pour donner de l’importance à son trio en s’épargnant les risques des profondeurs.

L’intrigue parallèle avec le tueur rodant dans la ville est l’exemple le plus frappant, tenant de la gratification ludique et au mieux symbolique. Avant l’événement-clé, Malice manque de clarté sur son orientation générale et sur la situation de ses personnages principaux (leurs fonctions sociales, leurs attitudes préférées et leurs rapports). Le déballage est ambitieux mais brouillon, le montage assez ‘raw’ et la narration manque de fluidité. Les dévoilements concernant Tracy sont lents mais une fois que la mécanique est engagée, la tendance à la dispersion et aux ‘mystères’ futiles s’estompe. Néanmoins les dialogues resteront oiseux sur toute la durée. L’importance théorique de certaines séquences est évidente, leur remplissage est plutôt laborieux.

Ainsi la visite chez la mère de Tracy démarre fort, avec de gros enjeux ; elle s’étend abusivement pour ne finalement rien fournir, arrivant même à gâter l’humour. Mais ce goût un peu venteux du tortueux a du bon, permet de piquer l’intérêt et le relancer constamment. À défaut de conclusions voire de révélations, le spectateur profite de la remise en question perpétuelle concernant la ‘nature vraie’ du docteur (Baldwin) et de la femme (Kidman). À ce stade la notion de duplicité est devenue obsolète depuis longtemps. Dans ce contexte le jeu ‘simple’ et limpide de Badwin a un drôle d’effet, car mis au service d’un personnage contradictoire, amalgame de provocations superflues et de scrupules décalés, d’agressivité vaniteuse et de douceur pathétique.

Sur le bas-côté on trouve quelques anecdotes : le petit rôle (insignifiant) de Gwyneth Paltrow pour les fanboys (une de ses premières apparitions, deux ans avant d’interpréter la fiancée de Brad Pitt dans Seven) et celui de Tobin Bell pour les collectionneurs. Avant de devenir le bourreau en chef dans Saw (1 et 2), il se sera entraîné à de nombreuses reprises, mais au second rang – voire au fond, comme un intrus au potentiel flagrant mais embarrassant. Sa prestation ici en fait partie : sous une façade de grand garçon fébrile et complaisant, le petit rat miteux moisissant dans l’ombre cache des instincts mesquins et prédateurs.

Note globale 51

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… Calme blanc + Quatre mouches de velours gris + We need to talk about Kevin

Scénario & Écriture (2), Casting/Personnages (2), Dialogues (2), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (2), Ambition (3), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (1)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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