LA MAISON PRES DU CIMETIÈRE ***

30 Avr

LA maison fulci

4sur5  Juste après le trio comprenant L’enfer des zombies, Frayeurs et L’au-delà, La maison près du cimetière est le film le plus connu et valorisé de Lucio Fulci. Certains l’incluent et parlent de tétralogie, toutefois cet opus reste plus confidentiel. C’est sa dernière réalisation importante, bien que L’éventreur de New York (un an plus tard) jouisse encore d’une réputation sulfureuse conséquente. C’est aussi finalement le meilleur de Fulci, surpassant même son chef-d’oeuvre attitré L’au-delà grâce à un traitement plus direct et une intensité ininterrompue.

La mélancolie extrême de Fulci trouve une alliée dans l’enfance, vulnérable à la magie et aux forces invisibles. Sans le clamer explicitement, Quella villa accanto al cimitero adopte le point de vue de l’enfance sur les événements présentés, qu’ils soient macabres, surnaturels ou réalistes. Deux enfants, séparés par leurs dimensions respectives, tiennent les clés de l’intrigue. Contacté par une fille d’ailleurs, le petit Bob doit démêler seul la prophétie dont il est le nouveau héros. Il arrive avec ses parents dans ce coin du nord des Etats-Unis. Le déménagement sur lequel démarre le film marque un retour au monde rural et à une terre de caractère.

Et de contrastes : si la vie est limpide, tout le monde à sa place, l’espace est parsemé de personnages étranges et de folklores douteux. Et surtout, des tensions irrésolues sont là, des fantômes et un démon, au sens propre. Si pragmatiques et sincères, les adultes semblent pourtant aimantés par ces tourments, eux qui embarquent Bob dans leur forteresse isolée, à moins qu’ils soient simplement trop faibles pour parer aux menaces les plus profondes. Le climat est extrêmement grave, excessif et éthéré : La maison près du cimetière donne l’impression d’être stone.

Fulci est tellement dans sa transe qu’il peut s’enflammer de façon grossière, mais balaie la suspicion par sa surenchère surréaliste. La chauve-souris, la porte fermée : c’est trop facile ; et il en fait des séquences belles ou hallucinées. Comme dans L’au-delà, la magie l’emporte. Contrairement à ce dernier, l’intrigue se tient et en arrive même à un degré de consistance estimable – un exploit chez Fulci. Le cinéaste cumule beaucoup de fondus avec les visages ou l’environnement, signe des enchaînements extrêmement démonstratifs (retours sur la famine de la photo). Il est brutal, pas maladroit. Les quelques fixations sur des détails curieux (ce plan sur l’agent immobilière manoeuvrant sa grosse voiture jaune) installent bien l’onirisme latent dans  »le concret ». La pourriture est là aussi, c’est son obsession et sur ce terrain Fulci a le mérite d’être un orfèvre accompli (Frayeurs restant le plus jusqu’au-boutiste).

Mais La Maison se situe au-delà de cette préoccupation, comme des morceaux de bravoure. Du drame psychologique tétanisant à la reprise de Guinea Pig corrigée par Poe (la prise de contact avec la cave), Fulci crée une ambiance inédite et aligne une poignée de scènes géniales. Ce film est un vrai voyage, provoquant une sidération constante et un besoin de s’enfoncer plus encore vers les ténèbres. Avec son atmosphère de secrets et ses peurs primales exacerbées, il opère la jonction parfaite entre fantastique et horreur, flirtant probablement par endroits avec le nanar mais accédant globalement à la grâce.

Note globale 75

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions…

Voir le film sur WAT Tv (mauvaise qualité)

 Voir l’index cinéma de Zogarok

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