LA VÉRITÉ ****

29 Avr

la vérité bardot

4sur5  1960, l’heure est à l’ascension Nouvelle Vague et Brigitte Bardot est la star par excellence, la célébrité française à l’aura sulfureuse et la notoriété mondiale. Un réalisateur ancien s’octroie ses services ; c’est Henri-Georges Clouzot, auteur des Diaboliques, devenu discret depuis Les espions en 1957 et qui ne connaîtra plus vraiment le succès par la suite. Il utilise le mythe Bardot pour un film de procès et d’amour où s’exprime encore une fois sa vision de l’Humanité sombre mais pas dépressive, ses points de vue sociaux non-conformes (Le Corbeau), marqués par l’ambiguité apparente de l’auteur fondamentalement désespéré mais consciencieux.

L’icône Bardot incarne une jeune femme aguicheuse et versatile jugée pour le meurtre de son ancien amant. La séance au tribunal est émaillée de flash-back. Sa vie est épluchée, ses actions, son enfance, ses comportements qu’ils soient ou pas en rapport avec l’affaire, tout cela provoquant un cortège de jugements condescendants et de mines offusquées. On juge ce qu’elle est et voudrait la condamner pour ça. Clouzot blâme clairement cette normativité en action, mais il donne des armes à tous les camps et son attitude est sage plutôt que simplement libertaire. Effectivement, cette foule accusatrice et ces gardiens croupissants sont « morts », mais Bardot le sera bientôt aussi tandis que son amant ne l’était pas.

Il était fait pour la vie, voulait la construire avec elle, mais c’est son caractère dissolu qui a rendu toute conciliation impossible. Elle a été oisive et a vécu mais jamais finalement sa vie ne lui a appartenu. Elle a vécu de plaisirs quelconques sans se soucier de l’avenir soit, mais à l’arrivée son être est aussi corrompu que celui de ces gens fatigués et poussifs. Eux sont des moralistes sans talent ni énergie, elle une hystérique ne concluant pas plus qu’un fantôme. Gilbert, lui, c’était la vertu. Il fallait de l’abnégation pour vivre à ses côtés, mais il pouvait la rendre adulte et ils se seraient épanouis, sans fanfares ni gamineries. Pourtant elle a mûrit et bientôt, s’est mise à aimer sincèrement, pour la première fois, mais il était déjà très tard.

Plus qu’un film judiciaire, La Vérité reflète un choc des générations de l’époque et des aspirations aussi, voir finalement bien au-delà de ça, un choc des mœurs. Il y a donc cette valeur socio-culturelle, dans une certaine mesure ; et surtout, simplement pourrait-on dire, une histoire passionnelle puissante, d’une intelligence remarquable. Ensuite le regard de Clouzot est complexe, ce qui rend obsolète les tentatives d’annexions idéologiques ou les lectures moralistes conventionnelles, qu’il s’agisse d’accuser un vieux modèle ou de faire le portrait d’une jeunesse errante mais innocente. Le montage est nerveux, la direction d’une précision absolue, les acteurs excellents. En fait, La Vérité est un peu ce que la Nouvelle Vague voulait être, or elle a donné des films ronflants et si artificiels qu’ils ont rarement voulu dire grand chose concernant la vie humaine.

Note globale 81

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… La Femme et le Pantin + Le Mépris + Et Dieu créa la femme + Vie privée + Snake Eyes + Garde à vue + Jules et Jim + Douze hommes en colère

Voir le film sur LibertyLand

 Voir l’index cinéma de Zogarok

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