TRASH HUMPERS **

24 Avr

2sur5  Tourné en mode VHS, Trash Humpers défile comme une vieille K7 périmée, ces obscurs objets des années 1980-90. Chaque début de séquence démarre sur un « PLAY » en haut à gauche, comme sur les vidéos que n’importe qui pouvait tourner à l’époque avec son caméscope. Trash Humpers sera moche ou ne sera pas. Sur les images, un trio d’handicapés mentaux aux faciès de vieillards sordides (ou alors, des masques qu’ils se sont greffés à la peau) se laissent allez à leur pulsions de non-sens et de pure destructivité.

Ils agressent leurs voisins, martyrisent les animaux, les objets, toute forme de vie et vont jusqu’à se frotter sur des poubelles la nuit comme s’ils pouvaient copuler avec elles. Au milieu des éructations de ces monstres absurdes et décérébrés, des citations de poèmes. Harmony Korine (Gummo, Sprink Breakers, Mr Lonely) est l’instigateur de cette bouffonnerie sinistre. C’est du travail à l’arrachée où il entasse les infâmes exploits de ses protagonistes et toute la merde de leurs actions. Gummo aussi était une logorrhée aléatoire, mais c’était surtout un portrait de la misère : or ici, ces créatures aberrantes n’ont plus de lien avec l’Humanité, même symbolique, conceptuel, clipesque.

En regardant ce film complaisant et trash comme promis, tout pousse à conclure à l’ennuyeux délire. C’est apparemment sans écriture, sans investigation, il n’y a pas de démarche stylistique : voilà la différence formelle avec Gummo. Mais ce n’est pas Gummo : et oui, c’est quand même fascinant, surtout à l’usure. Korine empoigne à fond son sujet trash, à une hauteur digne de August Underground (fake snuff movie) ; underground, c’est justement le second qualificatif qui sied le mieux à Trash Humpers, produit invendable et attentat (culturel). Pendant cette agonie sans fin, le rire maniaque d’un des vieux revient régulièrement, jusqu’à être omniprésent en fin de métrage. On dirait une erreur condamnée à vivre implorant sa piqûre mortelle. Elle vous harcèle tant qu’elle ne l’obtient pas ; en attendant rien n’est suffisamment dégradé, à son niveau, à son image.

Note globale 49

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions…  Marquis + Eraserhead 

Voir le film sur StreaMafia

 Voir l’index cinéma de Zogarok

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