FLAMMES (Arrieta 1978)

15 Avr

2sur5  Adolfo Arrieta est un cinéaste indépendant espagnol, qui a souvent tourné en France. Son cinéma est plutôt artisanal et peu diffusé. Flammes, son septième film et quatrième long, est ressorti sous un nouveau montage en avril 2013. La proximité d’Arrieta avec Jean Eustache (auteur de fictions et documentaristes) et Marguerite Duras (l’écrivaine s’est essayée au grand écran : India Song, Le Camion) s’y ressent. Le film est centré sur les fantasmes de Barbara (par Caroline Loeb, connu du grand public pour sa chanson phare des 80s en France C’est la ouate !) et leur accomplissement.

Depuis le rêve induit par une histoire tordue de son père, elle est poursuivie par une obsession des pompiers. Lorsqu’elle a environ 20 ans et eu les trois quarts de sa vie pour érotiser ce motif viril (davantage que son falot de père – un brave rentier éclairé au demeurant), elle fait croire à un incendie pour attirer sa cible dans son antre. Puis enjoint un pompier de venir la rejoindre en passant par la fenêtre. Le résultat est une escapade onirique assez classique et prudente au fond, au caractère neurasthénique et excentrique. La passivité des résidus aristocratiques commande le style, sereinement apathique ou d’une langueur extrême, au choix – les deux étant valides.

Les lignes du récit sont très limitées, le développement est ramolli et tous les protagonistes en sont à ce niveau : au moins le dernier des crétins saura comprendre ce qui se produit objectivement. Restera à apprécier les états ‘lointains’ et désirs brûlants de ces individus, interprétés par des comédiens aux dictions éthérées et aux jeux très ‘retentive hysteric’. Flammes a du charme à cause de ses manières, des tapisseries et des échappées ‘abstraites’, mais ses parti-pris et mêmes ses passions sont orientées vers une épure radicale (quoique raisonnée), voire une attraction vers le néant. Celle-ci est tempérée et même intellectualisée, au minimum nécessaire là encore : « c’est la manière de ne rien dire qui importe » répond le père à un jeune wannabe écrivaillon (genre asexué anglais).

Cette déclaration oiseuse est aussi un décret ; et à cet engagement esthétique, tout le film se tient. Cette inconsistance de principe est censée dégager le terrain aux rêveries, alléger la vie et y réussit ; cet alliage de consumérisme prudent et de fantaisies nostalgies s’avère antidote à la folie et dérivatif contre la tiédeur absurde d’un éveil adulte normal. On pourra voir dans ces Flammes [suaves et rigoristes] une sorte de pré-Canine optimiste et serein (même face aux aspirations sordides, confiées laconiquement). Côté casting on retrouve Isabel Garcia Lorca (vue plus tard dans Recherche Susan avec Madonna et Angoisse de Bigas Luna) dans un petit rôle et Pascal Greggory à ses débuts (en frère de Barbara, magnétique et entravé).

Note globale 48

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions…

Scénario & Écriture (2), Casting/Personnages (2), Dialogues (2), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (3), Ambition (2), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (2)

Voir l’index cinéma de Zogarok

 

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