UN JOUR SANS FIN ****

18 Mar

4sur5  Comme les trois années précédentes, un présentateur météo hautain et sarcastique (Bill Murray) se retrouve en Pennsylvanie la journée de la Marmotte, une fête traditionnelle célébrant le jour de la Chandeleur. Le blizzard va le contraindre, lui, son cameraman et sa producteur Rita (Andie MacDowell), à rester passer la nuit ici. Le lendemain, il se réveille pour un nouveau 2 février. Il va revivre la même journée inlassablement.

Danny Rubin et Harold Ramis exploitent le maximum de possibilités et de déclinaisons du postulat, ne ratant aucune promesse qu’on a pu se faire (dans les limites du convivial). D’abord, c’est naturellement l’angoisse pour Bill Murray, mais il décidera finalement de profiter de cette absence de lendemain pour s’amuser et tout déconstruire ; de manipuler les gens et notamment Rita en obtenant des informations à ré-utiliser lors de la prochaine édition de cette journée ; entre-temps bien sûr, il cherche à se tuer par tous les moyens.

Le spectacle évolue tranquillement vers la romance et étend ses traits d’esprit à de nombreux domaines de la vie (dont les relations hommes/femmes), tout en passant par le burlesque pur, l’humour très premier degré ou mesquin mais sans méchanceté profonde. La mise en scène joue avec les ellipses du récit, incluant de nombreuses coupes franches, des allusions et constructions parallèles.

Un Jour sans Fin fait aussi partie de ces comédies douces et ambitieuses assimilables au conte philosophique, comme l’étaient par exemple certains épisodes de La Quatrième Dimension. Comédie à concept, Un Jour sans Fin est cousine de Family Man, sans sa solennité, plus lucide aussi, mais avec une espèce de morale conservatrice. Or dans Family Man, on asphyxiait, ici c’est charmant ; dans Family Man il fallait dormir et se cacher, ici le héros s’éveille.

Ici aussi, il y a la rédemption ; c’est par la gentillesse et l’abandon du cynisme – non en refoulant sa nature, mais en apprenant à être authentique, travailleur et indulgent. Il faut un apprentissage, de la persévérance pour ça ; et surtout il faut aimer les autres. Et ainsi on se transforme de l’intérieur et améliore le monde autour de soi. C’est gentil évidemment, mielleux peut-être, mais on partage cette allégresse, justement parce que Rubin et Ramis envisagent toutes les nuances.

Ce propos sur l’altruisme et l’aptitude à renaître est relié à une certaine considération de la condition humaine. La grande idée du film reflète l’appartenance des habitants de cette ville rurale à une réalité immuable. Ils sont en quelque sorte piégés, comme l’est Phil Connors, car leurs jours se suivent et se ressemblent et la plupart n’envisagent pas la vie ailleurs. Un tel aveu est assez cynique d’abord, mais cette réalité recèle en fait une vraie beauté et même des opportunités de croissance et de bien-être inestimables. Le salut est d’aspirer à vivre la journée qui vient non comme la dernière, mais comme celle qu’on aimerait décupler sans fin tant elle est saine et parfaite.

Le film a connu un succès honnête mais d’abord relativement confidentiel, avant de devenir un petit classique au fil des ans et finalement intégrer de nombreux grands classements et obtenir des reconnaissances telles que l’intégration dans la National Film Registry.

Note globale 83

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… Family Man + Pretty Woman

Voir le film sur StreaMafia 

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