LES VISITEURS EN AMÉRIQUE **

25 Jan

2sur5  Souvent exclu de la saga alors même que la première suite est déjà très contestée, Les Visiteurs en Amérique s’est attiré les foudres du public. Les spectateurs français l’ont inscrit au top250 des plus mauvais films de tous les temps sur Allocine et le film a une réputation exécrable.

Ce troisième opus est un remake à l’usage des Américains, attirés par le phénomène mais rebutés par certains excès. Jean-Marie Poiré est toujours aux commandes, avec le même duo Clavier/Reno. Tout le reste est réformé. Il en résulte des Visiteurs dévitalisés, mais tout de même une petite comédie US potable à vocation de consommation rapide – c’est la faiblesse des ambitions qui a dérangé : ici on ne vise pas le culte, mais le plaisir, ou à défaut  »l’impact », immédiat.

La conversion américaine exigeait un ripolinage à tous les étages. On pourra arguer que la marque gagne un surplus d’élégance, ce qui reste à démontrer. Si les effets spéciaux peuvent s’avérer originaux (le dragon et surtout la transformation), ils sont généralement très laids (le mage dans son hôtel). Quand aux séquences prenant place au Moyen-Age, elles ressemblent aux suites de Shrek. On perd toute la vigueur de l’esprit originel. Même si tout n’est pas à jeter, en comparaison de la base fournie, c’est un gâchis qui a été conçu pour pénétrer le marché US. Deux possibilités dès lors : si on a pas vus les premiers opus, on ne perçoit que l’aspect surfait ; et si on les a vus : c’est pareil. En effet, tout est trop précipité et schématique. Les grands repères de l’action et les interactions importantes sont peu crédibles, l’assimilation s’opère maladroitement.

Conformément à la logique, le film est moins franchouillard ; mais surtout, moins gras. Ce n’est que potache poli. Conséquence perverse mais inévitable : on est presque désolé de la petitesse de l’humour par endroits, de ce mélange de banalité, de puérilité et finalement, malgré tout, de vulgarité théâtrale. Que les américains s’offusquent de l’humour frenchie pour se gausser de vannes pour enfants de ce style (avec toujours les blacks trop  »fun ») a joué en la défaveur du film.

A l’arrivée, Les Visiteurs III pêche par son épanchement dans une espèce de beaufitude festive libératrice, avec le shopping par André le Patté comme point culminant (adhésion réussie à ce monde de consommation, là où les Visiteurs II ridiculisaient cette rencontre). Les habituels clichés des névrosés libéraux sont partout : en lieu et place de la bourgeoisie gouailleuse, c’est une femme fragile qui campe la descendante, un « petit chaton » stéréotypé et un peu triste. Une petite princesse pure et timide, dévouée. Son conjoint est affiché comme l’arriviste odieux par excellence ; à travers lui, on retrouve cette même notion d’imposture de la part des roturiers s’investissant sur des terrains qui ne les ont pas attendus. Le découpage hiérarchique naturel est bien établi et le guindé cynique de la bande a finalement les mêmes goûts qu’un gueux explicite comme Jacquouille ; par ailleurs, trop gourmand et égoïste, il ne respecte rien et dilapide le patrimoine de son épouse pour le simple gain. De même, le coup de la jolie prolétaire (remplaçant Ginette Sarclay) tombant dingue d’un Jacquouille relativement hideux et pas tellement propre sur lui est difficile à avaler, à moins d’avoir abusé de comédies de Noël.

Les Visiteurs 3 ne mérite pas les foudres qu’il a subies. On se délecte de quelques scènes généreuses, comme celle du restaurant et explorer ce nouveau terrain de jeu reste alléchant. Si les ajouts de gadgets  »fun » comme l’enchanteur anachronique et rock’n’roll laissent à désirer, certains gags dépendants du seul contexte de ces Visiteurs 3 (celui d’une mégalopole comme Chicago) sont réussis. La confrontation de Godefroy, le preux chevalier à la ville contemporaine (« connais-tu un enchanteur » aux passants) est intéressante ; dommage cependant que le film n’explore pas davantage la mélancolie qu’il ressent, le déracinement qu’il évoque et même, le dégoût que lui inspire ce monde-là.

Note globale 49

Page Allocine & IMDB

Suggestions…

Voir le film sur DPStream  

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Voir l’index cinéma de Zogarok

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Une Réponse to “LES VISITEURS EN AMÉRIQUE **”

  1. Moonrise janvier 26, 2016 à 20:09 #

    Comme toi, je ne l’ai pas trouvé aussi nul que le veut sa réputation !
    C’est très beauf et l’adaptation aux codes de la comédie ricaine sont hors sujet et souvent lourds bien sûr, mais ça se regarde pas si mal.

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