EMPRISE ****

22 Jan

4sur5  C‘est le seul film réalisé par Bill Paxton, l’acteur connu pour ses collaborations avec James Cameron et ses performances dans des films d’action et blockbusters notables, de Predator 2 à Twister en passant par Titanic. Et si on peut tout reprocher à Paxton réalisateur, une chose au moins doit lui être laissé : cet homme ne connaît pas la facilité et son courage d’auteur est héroïque.

 

Sam Raimi, Cameron le collaborateur et jusqu’à Stephen King ont loué ce film. Peut-être avec excès, mais il faut dire que Emprise suscite l’admiration pour son efficacité en dépit de moyens étriqués d’une part, pour son culot inouï d’une autre. Grand drame psychologique lorgnant vers le slasher, Emprise nous immisce dans l’univers d’un fanatique religieux, avec un angle partiellement distancié pendant un certain temps pour nous raccrocher à une balise simple, lucide.

 

Mais il n’y a pas de place pour l’indignation. La critique a eu un haut-le-cœur devant cette indifférence à une morale voire une condamnation conforme. Ce qu’elle n’a pas su reconnaître, c’est à quel point nous tenons là une de ces rencontres avec l’horreur, comme Hostel II ou Le Silence des Agneaux dans d’autres domaines. Emprise nous emmène dans une réalité effroyable, mais en exposant sa logique propre et finalement en s’en faisant le témoin. La mise en scène instille une poésie morbide et rend sensible l’hégémonie de cette possession par des forces invisibles. Le style fait parfois penser aux adaptations de Stephen King, mais celles-ci ont rarement sinon jamais eu tant de puissance. Emprise est un film viscéral, lui-même vampirisé par le mysticisme malade de ses sujets. Tout est vécu avec un premier degré parfait, vif et glaçant.

 

Chrétien pratiquant, Bill Paxton interprète le père dément conduisant ses enfants vers sa folle révélation. Cinq ans après Emprise, les producteurs de HBO l’ont engagé pour jouer le rôle principal de Big Love où il incarne un mormon fondamentaliste entouré de sa famille. Concernant le casting, deux présences formidables : Matthew McConaughey, alors meilleur espoir hollywoodien, trouvait ici une occasion de rompre avec les rôles peu profonds qui lui étaient généralement attribué. Quand à Powers Boothe, son personnage occupe une fonction-clé (le sens commun au milieu du délire) et la voir chahutée par des lois surnaturelles signera la rupture totale de Emprise avec le statut d’un thriller normal. Celui-ci laisse le spectateur avec une lourde charge sur les bras.

Note globale 80

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC

Suggestions… La Nuit du Chasseur + Misery + La Passion du Christ + The Tree of Life

 

Voir l’index cinéma de Zogarok

 

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Une Réponse to “EMPRISE ****”

  1. Voracinéphile janvier 29, 2016 à 15:17 #

    Ha ha ^^ Décidément, si un rebondissement surnaturel envoie des athées en enfer à la fin d’un film, tu valides (End of the line 😉 ! Soit, je tenterai d’en trouver d’autres dans ce style à éventuellement suggérer.

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