CHAINED (JC Lynch) **

18 Jan

2sur5   Jennifer Chambers Lynch, fille de David Lynch, s’est engagée pour de bon dans le cinéma avec Surveillance en 2008, quinze ans après la berezina ‘critique’ de son Bowing Helena. Elle réalise un film d’horreur partiellement tourné en Inde (Hisss en 2010) puis un hybride de drame psychologique sans psychologie et de thriller sans suspense : Chained (2012). Capturé enfant par un Bob sociopathe qui tue sa mère dans la foulée, « Rabbit » grandit auprès de lui, dans son antre lugubre et vernie à l’écart du monde extérieur. Il devient l’assistant du serial killer, prédateur bituré et médiocre, qui tâche d’en faire son héritier.

Tout le film se fonde sur des relations impossibles, où les connexions éventuelles demeurent de faux-semblants complets. Passé l’annonce et ses conséquences primaires, Chained s’absout tout seul. Tout objet de tension est évacué et ne reste que l’argument choc du départ : Chained prend une ossature de démonstration, voire de thèse (type Canine), tout en se voulant une immersion, se posant comme le comble de l’étrangeté et de l’angoisse. Ses choix, son minimalisme et la trempe du monde de Bob (Vincent d’Onofrio – Malcolm X, Baleine de Full Metal Jacket) cumulés, cela donne une séance au décalage et à la vacuité remarquables, à défaut d’être époustouflants.

Si la cohérence du système rachitique est tenue, la crédibilité en soi n’est pas au cœur des préoccupations. Bob, sa maison, ses captures, sa fonction, sont difficiles à encaisser, surtout qu’il n’y a pas de logique alternative forte pour tromper ces flottements. Il semble que tout doive être alourdit, pour ne pas se remettre des outrages WTF. L’opacité couvre le manque de substance, laisse l’auteur garder jalousement sa profondeur, la richesse ou la saveur de ses projections. Chained prend la posture d’un mirage, prend tout juste la peine de broder autour de son pitsch, soignant plutôt le climat au point de l’épurer, comme si les maladies dont il était question étaient des mots gentiment illustrés.

Comme d’habitude chez JC Lynch, l’habillage est le principal atout : les gens sont rayés de la carte, l’Humanité semble être passée par un entonnoir et seuls les tarés ou otages du coin seront présents. Pas d’utilité, pas d’existence, à l’égal des autres objets. Avec les résidus high-tech dans des environnements déserts, d’une indifférence sourde ou passivement hostile, ces décors ont l’air issus d’un catalogue morose pour déments à la conscience artificielle. Au-delà de ce cauchemar, le reste ne suis pas, les intuitions ne sont pas étayées. Il y aura du ‘twist’ mais pas d’évolution ou de gain chez les personnages. Cette sorte de sous-Take Shelter confirme donc le style JC Lynch.

Note globale 46

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… The Secret

Scénario & Écriture (2), Casting/Personnages (2), Dialogues (1), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (3), Ambition (3), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (2)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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