TUSK *

16 Jan

1sur5  Kevin Smith a fait un film proche de l’excellence ; c’était remuant au milieu du reste ; apparemment, trop difficile à assumer pour lui. Red State n’aura été qu’un heureux accident et voici maintenant Tusk, produit dans la lignée de Human Centipede (le film ‘extrême’ allemand) avec la création (par un vieux fou) d’un morse à partir d’un cobaye humain. Plus directement, Tusk est l’adaptation de l’épisode The Walrus & the Carpenter de la série de podcasts SModcast générée par Smith himself. C’est aussi le premier opus d’une trilogie, la True North, qui arrive après les View Askewniverse qui ont occupé l’essentiel de la carrière cinématographique de Smith jusqu’ici (à partir de son Clerks).

Smith a voulu officier dans le grotesque, loin de son domaine de prédilection qui est la pantalonnade de lourdaud aromatisée de sauces hipster. La fabrique du morse artisanal, sa conception, sont largement éludés ; l’apparition de la créature a de quoi arracher quelques sourires mais reste bien désuète par rapport à de multiples expériences passées dans l’Horreur plus ou moins nuancée par la farce : Society, Horribilis et d’autres présentaient des monstres similaires. D’ailleurs une fois la transformation accomplie, la séance devient carrément et simplement soporifique. Le coaching de l’énième nouveau Monsieur Tusk par son ami illuminé est médiocre, dépourvu d’énergie et d’imagination comme le reste. Le film ne fait qu’enchaîner des sortes de sketchs fainéants et bêtes, comme celui avec l’inspecteur Guy Lapointe, composé par le guest Johnny Depp.

Comme certains humoristes sans doute un peu trop confortés dans leurs illusions, l’auteur et ses recrues soulignent leur intense amusement et semblent y trouver une légitimité (le film s’ouvre sur les fous rires de participants à une émission). Pourtant la seule franche joie consiste à voir cet immonde podcasteur, un moustachu vaniteux et mesquin (par Justin Long), tomber de son piédestal imaginaire. Michael Parks est aussi charismatique que dans Red State et son personnage est encore le plus riche, mais cet Howard Howe, ancien aventurier aujourd’hui en fauteuil roulant, demeure bâclé comme les autres. Sa kitscherie jusqu’au-boutiste et son interprète permettent de surnager. Pour le reste, les amateurs de Smith auront droit aux habituelles pitreries et réflexions médiocres : l’anti-éloquence arrogante, c’est Smith.

Note globale 29

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC

Suggestions…

Scénario & Écriture (1), Casting/Personnages (2), Dialogues (1), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (1), Visuel/Photo-technique (2), Originalité (2), Ambition (-), Audace (2), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (1)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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Une Réponse to “TUSK *”

  1. Selenie Cinéma janvier 19, 2016 à 15:15 #

    Gros soucis, le réal ne savait sans doute pas lui-même où il voulait aller…

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