« L’EAU DES COLLINES » ADAPTÉE

9 Jan

L’Eau des Collines est un diptyque de Marcel Pignol, qu’il a mis sous la forme écrite et filmée. Claude Berri en a fait le « reboot » 34 ans plus tard ; les deux films qui en émanent sont présentés ici.

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JEAN DE FLORETTE ***

4sur5  Bien avant son embarrassante décadence (Ensemble c’est tout, Trésor), Claude Berri était qualifié de « parrain » du cinéma français. Producteur et réalisateur souvent virtuose mais pas nécessairement inspiré, il laisse notamment l’adaptation du diptyque romanesque de Marcel Pagnol, L’Eau des collines. Celle du premier volet, Jean de Florette, est la grande championne des entrées françaises à partir de la fin d’été, en 1986.

Pendant les années 1920, Jean de Florette vient s’installer dans un petit village de Haute-Provence. Ce bossu citadin veut faire fructifier son récent héritage. Ses plans pour ses cultures sont ambitieux. César Soubeyran et son neveu Ugolin vont gâcher toute cette bonne volonté, ruiner ses projets, pour récupérer sa terre.

Le film raconte une fatalité. Il n’y a donc aucun suspense, mais plutôt une ascension, un chemin vers la désolation. Il faut vivre cette tragédie montrant la victoire de la cupidité sur la dévotion. On passe la séance en emphase pour Depardieu, dégoûté par ses lâches adversaires, se jouant de lui sans se révéler. Toutefois ce ne sont pas des monstres, juste des humains viciés, sans foi ni loi sous l’apparence d’une vie honnête et tranquille.

Cette version est plus subtile que celle de Marcel Pagnol (tournée en 1952 et dont il tire ensuite le roman), s’égarant moins en plans-séquences démonstratifs. La couleur locale n’a pas besoin d’être forcée, elle existe par elle-même. Les personnages et les acteurs sont parfaits, profonds, à tel point que nos émotions à leur égard le sont aussi, nous rendant d’autant plus bouleversé par cette injustice.

Note globale 76

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MANON DES SOURCES ***

4sur5 Trois mois après Jean de Florette sortait en salles Manon des Sources. Cette suite flirtera avec la barre des sept millions d’entrées franchie par le premier opus. Après l’acharnement des Soubeyran sur Depardieu le bossu idéaliste, c’est l’heure de remonter une autre, celle de la vengeance d’Emmenuelle Béart. La fille de l’héritier sacrifié est devenue une enfant sauvage.

Jean de Florette était tout en nuances. Dans Manon des Sources, le spectacle de la lâcheté des villageois, assumée naturellement voir revendiquée, déclenche en nous des sentiments beaucoup plus univoques. Rien de caricatural ou de misanthrope dans le film ; à peine de l’amertume, malgré son sujet. Plutôt une sorte de stoïcisme ardent, à regarder les Hommes et se mêler parmi eux, constater la petitesse et les espoirs, les équivalences et les choix individuels.

C’est un peu moins bien que le premier épisode, peut-être le manque de Depardieu se fait sentir. Les rebondissements sont plus nombreux, des secrets sont levés et donnent un nouveau sens. C’est de toutes façons un joli film, où l’amour et la Nature emportent tout, non sans douleur ni tendresse, en générant satisfaction et recueillement.

Note globale 71

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