HOUSEBOUND ***

31 Déc

3sur5  Le premier film du néo-zélandais Gerard Johnstone ne propose rien de neuf, mais il vaut largement Hot Fuzz, Zombieland et les autres comédies horrifiques célébrées au cours de la décennie écoulée. Sorti chez les anglo-saxons, en Allemagne et au Koweït, il a du se contenter comme beaucoup dans sa catégorie du DTV en France. Dès l’ouverture, le ton se veut grave, les manières scrupuleuses, le grotesque s’infiltre l’air de rien. Les canons du thriller et du film de maison hantée sont honorés avec intelligence, une espèce de bouffonnerie sûre d’elle-même et de son bon droit huile les rouages.

C’est un pastiche avec ses excentricités propres, en constant équilibre entre normalité en déroute et décalage ordinaire. Bizarrement, cela donne une ambiance aimable, fluide, opérationnelle sur tous les plans. Grâce à la pluralité du langage, l’acceptation de choses invraisemblables passe mieux, les pics d’effroi font leur effet, avec une énergie élégante. Le film a beau être habité par une sorte de second degré, il est sérieux dans son exécution, sa conception et son ‘élocution’ (le gros gag ne demande pas de sacrifices, s’accommode du pathétique ou du gore) ; il n’est pas ‘parodique’ ou voué à l’humour spécifiquement. Ce pittoresque moderne tirant sur le WTF serein renvoie plutôt aux rejetons des délires de Peter Jackson (comme Black Sheep), à Scream lui-même (pas à son ‘esprit’ interprété avec le recul) et par endroits à l’ironie présente chez Barry Sonnenfeld (adaptations La Famille Addams et trilogie Men In Black).

Les protagonistes sont tous consternants a-priori, à cause de leurs défauts criants ou de leur manière gauche ou désuète de s’approprier une fonction sonnant ‘cliché’. Mais leurs personnalités sont trop criantes et ils inspirent tous rapidement une vive sympathie ; la compassion pour leurs drames et leurs ridicules rend réjouissante une pluie de détails qui sans doute passeraient pour neutres s’il n’y avait eu ce mouvement. La confrontation des hystéries et idiosyncrasies est jubilatoire ; ‘l’héroïne’ Kylie (Morgana O’Reilly), poussée à bout dans le seul costume demeurant conventionnel (l’ado attardée, sombre et mesquine), doit composer avec un entourage bien plus dissident (malgré, presque à chaque fois, une posture sociale très carrée). À ce jeu, la mère Miriam surpasse les deux ou trois bêtes de foire grâce à son décalage constant malgré tout ses efforts pour être une personne limpide et équilibrée ; et aussi grâce à la dégaine de Te Wiata Rima, digne d’un reflet champêtre embarrassant pour Edina Monsoon (AbFab).

Note globale 69

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions…

Scénario & Écriture (3), Casting/Personnages (4), Dialogues (4), Son/Musique-BO (-), Esthétique/Mise en scène (4), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (3), Ambition (3), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (4), Pertinence/Cohérence (3)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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