LA FEMME OBJET **

30 Déc

femme objet capture

2sur5  Petit phare antique dans l’univers du porno, La Femme Objet (1980) est aussi une véritable curiosité par son flirt avec la science-fiction. Le film est raconté par son héros, Nicolas, un auteur à la sexualité insatiable. Confortablement installé derrière sa machine à écrire, en robe de chambre, il enchaîne les flashbacks. Ce compte-rendu fidèle et détaillé de ses expériences est agrémenté de petites réflexions. Tout le long du film, Nicolas est à la recherche de la partenaire parfaite et finit par la trouver avec un robot, totalement dévoué aux plaisirs charnels et surtout, toujours disponible.

Porte-étendard des fantasmes machistes les plus grotesques, le personnage central, avec ses manies et son art de vivre, son pittoresque, génère un incroyable capital sympathie. Le meilleur, ce sont toutes ses pensées et évocations conceptuelles ou sensibles (« il faut essayer la douceur ; c’est dire où j’en suis arrivé ; très bien, allons-y pour la douceur »). Pour le reste, La Femme Objet est simpliste et futile à souhaits, mais son ambition et même sa construction surpassent le commun des pornos, le situant au moins au niveau, sinon en tête de cortège des fictions érotiques folkloriques qui florissaient dans les 80s et 90s et habillaient les dernières parties de soirées des chaînes du câble (ou de M6).

Bien sûr il y a des temps morts et des séquences aux rallonges pesantes ; mais tellement de tunnels comiques (levrette en vaisselle). Globalement, on s’amuse de cette fantaisie, de son esprit de sérieux si léger et… presque sincère !, de l’anachronisme violent des modes. Les pratiques sont crues et volontaires, néanmoins n’importe quelle vidéo pornographique trouvée sur le Net aujourd’hui donnera plus en un rien de temps. Et de façon tellement moins kitsch, surtout. Il faut dire aussi que (à son niveau) La Femme Objet laisse beaucoup de place aux sentiments, à la romance, même si naturellement ils sont assujettis au sexe.

En dernière instance, c’est le robot qui commande l’homme, corrompant son désir pour le rendre un esclave réduit au sexe, qu’importe sa volonté propre. Avec ce revirement final, Frédéric Lansac (le réalisateur) peut prétendre délivrer un ouvrage féministe, tout en ayant déroulé un programme sexiste et à usage masculin quasi-exclusif (mais pas nécessairement  »misogyne » – à moins qu’on estime que le genre soit criminel de la sorte, or c’est défendable) avec cette petite caution  »idéologique » et  »relativiste » absolument pas engageante et somme toute, encore plus jouissive, pour le spectateur avisé de la nature du produit. Une belle affaire pour Lansac.

Note globale 45

Page Allocine & IMDB + chronique sur SC

.

Voir l’index cinéma de Zogarok

.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :