MEET THE FEEBLES ***

20 Déc

3sur5 Le Muppet Show remastérisé par Peter Jackson première époque. Après le folklorique Bad Taste, le futur réalisateur du Seigneur des Anneaux réalisait le Téléchat néo-zélandais ; à Kermit et ses collaborateurs ravis de la crèche se substitue une troupe de marionnettes aux mœurs outrancières et trash, collaboratrices dans le cadre d’une comédie musicale. La caricature véhémente du show-business est nuancée par l’attention accordée aux personnages, chacun suivant son propre parcours. Peter Jackson y trouve l’occasion d’incruster des flash-backs mais aussi de proposer une relecture abracadabrantesque de Voyage au bout de l’enfer.

Culte et hautement recommandable à tous les amateurs de pellicules déjantées et hors-circuit, Meet the Feebles est un sidérant défilé de mauvais goût festif, tendance farce obscène et glauque surréaliste. Malgré les réserves, renforcées par le regard rétrospectif probablement blasé du cinéphile aguerri, c’est une généreuse et méchante plongée dans les coulisses, valant son pesant de prestations grand-guignoles et de douces transgressions burlesques.

Toutefois, celui qui accordera une fibre contestataire ou un sens de l’ironie affûté aux Feebles ne peut être qu’un intégriste du bis qui tâche ou un ramolli, à moins qu’il ne se moque de vous. Plus encore que Braindead (le troisième film qui suivra), Les Feebles est une pantalonnade exubérante et volontariste ; et c’est en tant que tel qu’il a de la valeur et tire sa légitimité. Peter Jackson n’a jamais été un auteur profond ou un subversif : c’est un technicien original et virtuose sachant discipliner ses caprices.

Ce n’est pas une surprise si la limite de Meet the Feebles est dans son postulat vacant et ses caractères éculés (bien que croqués efficacement). Pour autant, l’euphorie générale contamine, avec probablement même plus de facilité que pour Bad Taste ; reste que, moins trash, les réalisateurs de South Park ont pourtant su réaliser, avec Team America, un véritable film de poupées réformées pour enfants turbulents. Ce qu’omet Peter Jackson, comme toujours dans son œuvre (à l’exception possible de ses drames comme Créatures Célestes), c’est de conférer un sens et des convictions (pas seulement des anecdotes ni un profil qui tâche) à sa trame et ses personnages ; il faut une matière, pour pouvoir s’en moquer ou la torturer. On ne peut pas rire sur du vide et des farces ne renvoyant toujours qu’à elles-mêmes. Les péripéties exhibées font leur effet mais ne suffisent pas à compenser ce manque.

Malgré tout les Feebles traverseront encore les âges grâce à leurs exploits d’adolescent crade et sans tabous (mention spéciale au fourrage par inadvertance de Arthur) et à sa galerie de portraits parfaitement aberrants, à l’instar de Robert, le petit hérisson innocent ; d’Eye Fly, reporter intrusif dans le corps d’une mouche à merde ; ou encore de Mademoiselle Heidi, la diva hippopotame boulimique, trahie par son manager et perpétuellement humiliée à son insu. Les fans et autres traumatisés consentants de la première heure ajouteraient à cette liste synthétique les numéros musicaux abondants de moqueries gratuites mais aussi ambigus dans leur rapport au premier degré.

Note globale 63

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

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Voir le film sur YouTube (US)

 Voir l’index cinéma de Zogarok

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