HUSTLER WHITE **

14 Déc

2sur5 Hustler White est une pépite  »choc » de Bruce LaBruce, réalisateur trash canadien gravitant autour X dont la carrière consiste à représenter l’homosexualité de façon hardcore et revendiquée authentique. Conçu avec le photographe Rick Castro, Hustler White a été censuré à sa sortie en France (1996), jusqu’à ce que Jack Lang intervienne en qualité de Ministre de la Culture. Il a ouvert des portes à son auteur.

Parsemé de connotations à certains artistes underground (présence de Ron Athey) ou pop (Andy Warhol), Hustler White rend également un hommage personnalisé aux classiques hollywoodiens, notamment par la référence à l’étoile de Marilyn Chambers à Hollywood ou, par son contexte, à Sunset BoulevardEntre docu-fiction, film noir et comédie satirique, Hustler White nous amène en effet dans les rues de Santa Monica en Californie, où nous suivons les expériences de Montgomery Ward (Tony Ward, un temps boyfriend de Madonna) et de plusieurs autres prostitués, souvent en action avec leurs clients. Fauché (budget de 50.000 $) et proche de l’amateurisme, mais pas aussi désuet que Otto, l’autre totem de LaBruce, Hustler White a accessoirement la particularité de n’intégrer aucune femme dans son excursion homocore, pas même en arrière-plan.

Le début est hilarant puis bientôt on s’ennuie, car en-dehors des scènes tendancieuses attendues et consommées avec amusement (ou complaisamment secoué), Hustler White oscille entre tragi-comédie ratée et drame du sérail. L’intrigue tient du prétexte et pourtant BruceLaBruce juge bon de revenir sur le développement de l’amour improbable entre le journaliste et le hooker principal. C’est cependant bien dans sa dimension catalogue du vice que le film est le plus épatant, certaines scènes se montrant particulièrement outrancières, comme la tournante avec des blacks, la séquence agressive du maso et surtout, loin devant les autres, le moignon-fisting ou fist-moignon selon les affinités, cœur du scandale.

Et si les caricatures sont fonctionnelles, entre Kévin le skinhead qui pleure et Jürgen Anger la tapette taciturne et hautaine, les ébats  »romantiques » et en particulier le long prologue sur laa plage appauvrissent considérablement le film, alors même que le manque d’emphase prolongée pour les personnages et situations court-circuitent la possibilité d’une immersion euphorique. Par conséquent, Hustler White plaira plutôt aux convaincus, choquera les spectateurs mainstream et pourra facilement laisser les autres sur leur faim.

Note globale 51

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

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