LIVIDE ***

11 Déc

3sur5 Après son huis-clos gore dans la sensorialité brutale (A l’intérieur), le tandem Maury et Bustillo tenait à conjuguer macabre et poétique en affinant son style. Préféré au remake de Hellraiser, Livide emmène dans les confins des terres bretonnes, où une jeune apprentie aide soignante va tenter, avec deux copains, de percer le mystère d’une gigantesque maison où se trouverait , au milieu des animaux empaillés et de la propriétaire centenaire et alitée, un trésor.

À la croisée du slasher folklorique et du conte baroque, Livide fourmille d’idées géniales (la clef) et de visions saisissantes. Et là où A l’intérieur s’avérait finalement assez vide, Livide, tout aussi affirmatif et premier degré, ne se contente pas d’être remarquablement virtuose et esthétiquement unique, mais se révèle aussi créatif. Surtout, c’est ce sens lyrique et cet onirisme naïf de nouveau-né intransigeant, déjà en place dans A l’intérieur, qui se trouve décuplé ici ; Maury et Bustillo confirment ainsi leur capacité à générer une mythologie avec ses propres codes et marques, tout en étant affiliée à une culture cinéphile (et notamment un genre, le giallo italien – avec notamment une inspiration auprès du Suspiria de Argento avec les danseuses en ballerine). Cet aspect, en devenir certain à l’issue d’A l’intérieur, n’y était cependant exalté pour l’essentiel que par le biais de Béatrice Dalle.

Toutefois cette puissance évocatrice restera lettre mort pour tous ceux auprès de qui Livide échoue à communiquer sa foi et son univers. Le film est tellement concentré sur lui-même, sans prendre la peine, sinon par quelques convenances de genre, de donner au spectateur des repères faciles et forts, qu’il courre le risque de le laisser paumé ou pire, extérieur à une représentation pourtant si soignée. D’autant que les intentions sont floues et le chemin imprévisible. Livide est une construction, un îlot complet, donnant à contempler sa surface et à ressentir intensément son mystère, en ne délivrant que tardivement ses merveilles englouties (alors que d’autres, dévoilées plus tôt, ne génèrent aucun écho). Ce timing a aussi à voir avec un certain mysticisme que les auteurs ont pu entretenir y compris pour eux-même : leur maîtrise n’a d’égale que leur cécité artificielle. Le résultat est concis, apparemment imprécis et parfaitement curieux.

Note globale 63

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Aspects favorables

Aspects défavorables

* esthétique de conte funèbre

* les acteurs (surtout Catherine Frot)

* ingéniosité technique et style marqués

* introjection de l’esprit giallo et certains auteurs (dont Slipknot!)

* une relative confusion (entretenue par les réals) et une narration parfois bancale

* prestation difficile à jauger de Maria Pietragalla

MBTI = Catherine Frot : voilà une EsFJ au développement original (mais réaliste) : mature, elle a une personnalité équilibrée ; mais surtout, c’est un personnage particulièrement blasé (avec un Fe fantôme et un Ti hégémonique). 

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Voir l’index cinéma de Zogarok

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