COMBAT SHOCK **

28 Nov

3sur5  Dans la famille Troma, cette industrie à nanars Z chapeautée par Lloyd Kaufman, c’est l’accident au milieu des nanars  »sympathiques » à destination d’un public réservé. Combat Shock n’en demeure pas moins techniquement approximatif, avec des lourdeurs typiquement Z ; mais la narration est solide, les ambitions fortes et le sujet sérieux.

Un ancien du Viet-Nam, apathique et traumatisé, cherche à mieux comprendre son passé, dont des séquences entières le hante. Il partage son taudis avec un gamin difforme (faciès inhumain façon Eraserhead – même thématique de la paternité éprouvante et impossible) et une garce démoralisante pour concubine. Pendant toute la séance, on le voit déambuler dans les rues, à ne pas savoir régler ses dettes, à s’engueuler avec divers connaissances.

Au fond, Combat Shock raconte deux conditions : celle de l’ancien combattant, celle du pauvre dans les banlieues mal famées typiques états-uniennes. Dans tous les cas, deux laissés-pour-compte, deux damnés de la terre. Le résultat, c’est une balade dans une prison à ciel ouvert, une prison morale et sociale, où les mêmes agents répètent les mêmes schémas, entretenant l’oppression, le délabrement, la morosité et en fin de compte, la mort. Le tout saupoudré de musiques synthétiques dégueulasses, mais pourtant appréciable, car elles renforcent le climat loufoque et grave, en soulignant le nihilisme absolu de la situation. Et son ivresse amer.

En compensation à son manque de reconnaissance, Combat Shock suscite facilement des enthousiasmes disproportionnés. Certes, c’est un film audacieux, avec de nobles intentions et des qualités esthétiques. Mais avant d’être une exploration des bas-fonds, c’est aussi lui-même un produit de seconde zone, avec la transparence et la candeur excessives inhérentes.

Le film est un peu agglutiné à son sujet, sans trop de variations ; et somme toute commun, d’autant qu’en bonne série B ou Z de commande, il s’inscrit dans la déclinaison d’un sujet (l’après-VietNam), voir d’un chef-d’œuvre. Tourné dix ans (1986) après Taxi Driver, Combat Shock n’existerait pas sans lui ; d’ailleurs il tente de l’imiter dans son final et justifie avec des arguments similaires son point de vue délétère, avec pour nuance fondamentale un nihilisme unilatéral.

Note globale 61

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC

Suggestions… Schramm

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