TURKISH STAR WARS *

26 Nov

1sur5 Souvent considéré, avec Plan 9 from Outer Space de Ed Wood, comme le pire film SF de tous les temps, voir le nanar absolu de l’Histoire du Cinéma,  »Dünyayı Kurtaran Adam » alias  »L’Homme qui sauva le Monde » (la multiplicité des noms est un indice de nanardise) est une espèce de space-opera Z jusqu’au fond des tripes. Abusivement verbeux, bourrin et transparent dans ses moindres intentions, colportant des velléités métaphysiques issues des fins de nuits blanches de scénaristes douteux, Turkish a tout pour plaire aux amateurs de nanars : ceux-ci ne manquent pas de le célébrer sur Internet.

Naturellement, comme pour Les rats de Manhattan, on y va la fleur au fusil, persuadé de se marrer jusqu’à plus soif. Et on a son pesant d’aberrations, de faux-raccords, de déroulement tarabiscotés, d’images issues de documentaires scientifiques et de créatures empruntées à des mythologies reconnues (Dark Vador notamment), mais enfin, nanar surpuissant ou pas, qu’est-ce qu’on se fait chier. Un authentique classique en somme.

Bien qu’amusant par endroits, Turkish est très pénible à suivre en raison de cette absence de sens et de cohérence, les enchaînements abrupts et hyper-démonstratifs dont on ne retient que le bruit (sons parasites omniprésents, sans compter la bande-son en décalage complet ou d’une laideur inouïe) et on regrette une telle simulation de fureur (le film est foutraque, mais pas  »énervé » pour autant). Le lamentable scénario tente de s’aligner sur les standards de l’époque ou du registre, avec une maladresse voir une nullité modèle, même lorsqu’il s’agit de suggérer la romance, la volonté de puissance d’un seigneur dégénéré ou la foi d’un guerrier.

Le problème de Turkish c’est qu’il n’est pas un film, mais une accumulation d’effets artisanaux ridicules et de dialogues alambiqués surchargés. A la fois speed et en surplace permanent, il ne laisse aucune place pour une quelconque profondeur, seulement l’intelligence supposée d’un concept et de scènes de combats – or sur ces aspects, c’est une faillite.

Le site historique (dans le Cappadoce) servant de toile de fond relève le niveau ; les décors sont en effet la seule qualité pleine et objective de l’étron messianique de Cetin Inanc. De même, le rococo cheap des costumes (masques, personnages fétiches, etc) ou cérémoniaux grotesques (de  »l’Empire Tyrannique ») est ouvert à l’imagination. Mais le cinéphile n’est pas qu’un gamin cherchant une inspiration pour la prochaine guerre des civilisations dans la cour de récré… A quelques légions de geeks près.

Pour situer, Turkish patauge entre le nanar (idéalement) japonisé, et le goût de l’excentricité macabre à la Joe d’Amato (c’est de là, plus que de sa bêtise dont se délectent les nanardeux, que vient le charme potentiel de Turkish), avec une once de kitsch innocent et même pas encore synthétique (nous sommes pourtant en 1982) à la Alf ou Bébête Show (de l’ultra-sous-Labyrinthe en somme).

Note globale 23

L’Odyssée Nanardesque sur Zogarok : Les rats de Manhattan + ..

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