SÉANCES EXPRESS n°35

28 Oct

> 2046** (52) 

> Les Tuche* (18) comédie France 


2046 **

2sur5 2046 est une bulle où son protagoniste stocke ses histoires. Pendant deux heures nous naviguons dans les souvenirs d’un écrivain, ressassant ses aventures et une femme en particulier, Su Li-Zhen. Il cherche à la retrouver dans un lieu imaginaire dont on ne revient jamais, 2046.

Entamé à la fin de In the Mood for Love, le tournage a duré cinq ans. On peut se demander pourquoi le réalisateur s’est installé à Shanghai, Hong-Kong, Bangkok et Macao compte tenu de l’univocité des lieux, du style, des meubles et des couleurs. 2046 est une balade à travers les temps dans un espace immuable. Tout dans la forme est identique, à tel point qu’on ne peut même pas parler de déclinaisons d’une scène à l’autre. Le récit structuré en puzzle ne fait que décupler la même idée, pour enivrer ou abrutir.

Naturellement ses défenseurs diront que ce résultat est inhérent aux concepts animant le film. Toujours est-il que ce qu’on voit est extrêmement limité, parce que ce monde est en vase-clôt et son esthétique extraordinairement redondante (musicale y compris). Tout se ressemble et se confond ; le luxe est une chose, il n’est pas garant de beauté et encore moins de sens.

Filmé exclusivement en intérieur (sauf ouverture et fin), 2046 dégage une ambiance totalitaire, d’un futur où les constructions humaines sont écrasantes, l’espace surchargé, sans fenêtre (au propre et au figuré), sans échappatoire. Le passé et le présent semblent eux aussi déjà des prisons, simplement aux parois moins flamboyantes. Dans l’ensemble, 2046 aurait fait une belle publicité de prestige, il est un long-métrage à l’imaginaire frelaté, d’une complexité vaniteuse et sans esprit.

Note globale 52

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LES TUCHE *

1sur5  Une famille de presque-baraki du Nord vivant d’allocations gagne 100 millions d’euros au loto. Belle promesse n’est-ce pas ! Vous êtes prêts à assumer votre misanthropie mâtinée de mauvais goût, mais jetez un œil à la fiche du film : c’est pas la peine !

Pendant cette première moitié de la décennie 2010s, Isabelle Nanty semble être déclinée à toutes les sauces de casos’ déjantées (Les Profs), parfois aussi de boudin pathétique (Les Infidèles) et même très souvent les deux réunis (Fais pas ci fais pas ça). Ici c’est le personnage le plus nuancé.

Ce n’est pas qu’il soit de la trempe de Fabienne Morlot des Visiteurs ; c’est que Les Tuche n’est pas écrit, ni pensé ou calculé ; des gens se sont réunis, ont dissertés autour d’un pitsch brutal et rigolo. Ils ont laissé faire le brainstorming, récupéré tout ce qui tachait le mieux et balancé ça à des automates qui n’avaient plus qu’à créer des ponts entre les saynètes.

Malheureusement créer un gros synopsis et caser les outrances et les gags gras autour ne suffit pas. On se marre à partir d’une matière, même quelconque, ici elle est absente. Les Tuche n’est pas plus que la ligne de script qui le résume, en terme de contenant comme de contenu. Par conséquent, on est spectateur que du manque d’ingéniosité et d’humour du film ; puis bien sûr de toute l’étendue de sa médiocrité, mais ça, chacun s’y attendait.

Il n’y a donc rien à sauver, surtout pas les acteurs. La troupe en question contient tous les beaufs du petit écran et de la culture commerciale TF1-Pathé-M6, de Ménès à Guy Lecluyse de Soda. En passant par Jean-Paul Rouve, en déclin qualitatif depuis sa géniale performance dans Podium – mais peut-être ce Couscous n’a nourri qu’une illusion. Pas de panique, les moins connus du casting rivalisent également de nullité.

Quand à Olivier Baroux, on peut être sûrs maintenant que son Pamela Rose était un accident industriel favorable, le reste étant, évidemment, aussi nul qu’on a pu se retenir de le dire. Au moins lorsqu’il est seulement humoriste, nous pouvons miser sur  »tous les goûts sont dans la nature ». Là, plus de protections ni de détours, nous sommes directement confrontés au vide.

Note globale 18

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