ILS ÉTAIENT NEUF CÉLIBATAIRES **

25 Oct

3sur5  L‘incursion de Sacha Guitry a donné lieu à 36 films, avec deux périodes sur-actives : le lancement en 1935-1937 (Bonne chance, Désiré) puis le début des années 1950 (La Poison, Si Versailles m’était conté). Ils étaient neuf célibataires est tourné en 1939, avant une période de ralentissement (guerre oblige) affectant dans une moindre mesure sa productivité au théâtre. Dès sa première scène avec la remarque sur l’honnêteté (comprise comme versant négatif de la malhonnêteté), Guitry s’affiche dans le costume d’un commissionnaire opportuniste, parasite mondain et malin fier de lui, enclin à la rationalisation. Il ouvre un hospice de célibataires pour marier neuf femmes plus ou moins riches avec de vieux clochards français et ainsi leur éviter l’extradition.

Cet épouvantail, qui est sa caricature, est immédiatement rendu sympathique. Autour de sa personne, les sujets brûlants de l’actualité et les conditions de vie les plus déplorables n’affectent l’entrain de personne, ou si peu, ou si loin. À l’autre bout de la chaîne, on voit surgir un clochard plein de principes, débitant des explications grandiloquentes pour se faire valoir. Le cynisme et la joie règnent ; rien ne sera jamais grave et peu importe quand le sujet s’y prête, car les issues triomphantes approchent à grands pas. En chemin Guitry mélange les genres, implique des spectacles chantés et propose un détour au cirque. Tout de même, l’euphorie est plus froide que dans les précédents opus. Puis lorsque vient le temps des rencontres, la séance s’englue dans des défilés laborieux.

Le roman d’un menteur (1936) déjà chutait lorsqu’il s’appliquait à honorer les besognes du pitsch, dans son dernier tiers bien plus mou. Lorsqu’il est concentré sur les enjeux, Guitry se perd ; finalement, sa légèreté sans compromissions, ses justifications minimales, lui vont mieux. La mesure politique (expulsion « immédiate » des ressortissants étrangers non régularisés) est un tremplin (dans le film et pour sa conception), pas une manne en elle-même. Comme dans Le mot de Cambronne (court de 1936), parsemé de petites saillies politisées, Guitry s’avère impuissant à sortir de la pochade – lumineuse en l’occurrence, quoique les étincelles se raréfient. Les très nombreuses ‘gueules’, glamour ou pittoresques, se contentent d’afficher leur substance initiale lorsque vient leur tour ; finalement c’est le personnage de Pauline Carton qui a le plus de facettes et d’histoires à révéler.

Note globale 56

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Je vous trouve très beau + Cookie’s Fortune

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Scénario & Ecriture (2), Casting/Personnages (3), Dialogues (3), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (3), Ambition (3), Audace (3), Discours/Morale (2), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (2)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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