SOLARIS (2002) **

8 Oct

solaris 2002

2sur5  Soderbergh a tenu à écrire seul le scénario de ce Solaris de 2002, qu’il distingue du film de Tarkovski. Ce n’est pas un remake, c’est la troisième adaptation du roman de Stanislas Lem (1961), la première étant un téléfilm russe de 1968. Loin des réflexions métaphysiques du roman ou du Solaris de 1972, cette nouvelle version s’engage dans le psychodrame et la romance contrariée. Chris Kelvin (George Clooney) se rend sur la station spatiale Prométhée, avec laquelle la Terre a perdu contact ; il y retrouve son ami mort et les autres membres de l’équipage en position de repli et conscients de graves troubles dont ils seraient l’objet. Chacun rencontre un des ses proches décédés.

À son tour, Chris trouve cette apparition : c’est sa femme, Rheya (Natasha McElhone), dont il se sent responsable de la mort. Une nouvelle relation commence avec cette Rheya conforme à tout ce qu’il a connu d’elle auparavant : elle est consciente, apparemment indépendante de lui, doute elle-même de sa réalité. À partir de là, Soderbergh se lance dans une dialectique structurée et très plate, servant surtout de support aux déferlements émotionnels qu’il cherche à saisir chez Chris et Rheya et à provoquer chez le spectateur. Les théories sur la nature de l’apparition et ses opportunités sont toujours vite rangées car l’orientation de ce Solaris est dans le mélo.

Malheureusement cette disposition n’empêchait pas de pousser Chris à une attitude plus expérimentale, car dans le cas où il module Rheya par ses projections et ressentis, il est regrettable que jamais il ne profite de son pouvoir, ni n’aille au bout de son envie de corriger des erreurs passées. Il n’y a pas de tentative réelle et peu de considérations pour l’extraordinaire événement. Si l’état de stase permanente ne rend pas le film moins charmant, son absence de courage dans la réflexion et le surplace des protagonistes posent problème. Il n’y a qu’une scène où les points de vue sur la nature des apparitions et le traitement qu’il faut leur accorder sont conscientisés et confrontés, mais Soderbergh n’en fait qu’une ligne narrative pour assurer un enchaînement.

Sur le plan esthétique, le résultat est relativement envoûtant, recueilli sans être funèbre, concurrençant facilement Minority Report. Concernant les quelques images psyché au programme, ce sont ici des sortes de paysages pour pochettes électro, entre le sans grâce et le lyrisme discount. Dans le Solaris de 1972, la beauté de ces séquences-là donnait une valeur minimale au film, au cas où sa vacuité arrogante irritait. Accuser le film de n’avoir pas d’âme serait gratuit, lui en trouver une trop volumineuse serait indécent pour les fanboys de Tarkovski : Solaris 2002 a une âme, d’un bleu tiède tendant vers le gris boueux.

Note globale 48

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Inception + Equilibrium

Voir le film sur  Libertyland

 Voir l’index cinéma de Zogarok

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