SÉANCES EXPRESS n°16

22 Sep

> Le Peuple des Ténèbres – They ** (55)

> Killing Room ** (43)

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LE PEUPLE DES TÉNÈBRES **

3sur5  Le Peuple des ténèbres est un film assez curieux, de ces petites productions mineures et quelconques que la plupart balaient de leur mépris. Et qui chez quelques-uns, génèrent une curiosité et donc une patience. Si on est intrigué d’avance ou au vu des données de base, on le reste et on respecte ce petit programme, peu tonitruant mais développant un langage subtil. Comme son héroïne, Le Peuple des ténèbres ne tolère que les concessions les plus élémentaires mais ne veut rien perdre de son monde.

They raconte le retour d’une angoisse primale à l’âge adulte. Julia, étudiante en psychologie sur le point de soutenir sa thèse, se trouve envahie par le doute sur sa réalité, par des sensations anormales. Bientôt elle redoute elle aussi les ennemis venus d’ailleurs qui terrifiaient tant Billy, son ami d’enfance qui par leur faute s’est suicidé devant elle.

Le sujet de They n’est pas seulement la peur du noir ou de créatures fantasques (que nous apercevrons car c’est un spectacle intègre), mais celle des mauvais esprits tapis dans les recoins du monde sensible et que le monde intelligible ne sait pas dompter. Ce qui se produit, c’est l’échec du contrôle de soi et de l’environnement, l’évanouissement de la raison, son implosion face aux ténèbres mais aussi à la pression du vide. Robert Harmon (réalisateur) et Brenda Hood (scénariste) montrent l’impuissance des personnages autour de Julia à la cerner et à la secourir. Ils créent le contexte claustrophobe et morose où se développe la sensation de se perdre dans un état de conscience inconnu, sans pouvoir le dire et de toutes manières, sans savoir le nommer.

Et ainsi ce banal petit thriller nous a mis au premier rang d’un processus de désintégration contre lequel personne ne pouvait rien. Le public et les critiques ont rejeté car ils trouvaient tout cela bien pauvre. Ils n’ont sans doute pas peur de se sentir disparaître, de quitter leur corps et de céder leur esprit à des forces supérieures à leurs abstractions. Si perdre le sens et les moyens qui font de vous un individu cohérent est un cauchemar, alors vous serez sensibles à ce Peuple des ténèbres. Il est modeste mais sait ce qu’est le vertige et la fatalité.

Note globale 55

Page Allocine & IMDB

Suggestions…

Voir le film sur StreaMafia

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KILLING ROOM **

2sur5  Quatre personnes sont sans le savoir les cobayes d’une expérience dans la lignée du projet MKULTRA. Enfermés dans une grande pièce blanche, ils subissent un programme d’endoctrinement dont l’issue n’est garantie pour personne. Derrière la vitre teintée, une jeune chercheuse ambitieuse, chargée par le leader de l’opération de commenter et analyser le déroulement.

Le postulat est sympathique mais il n’y a pas un gramme d’ingéniosité dans ce film de Jonathan Liebesman (Battle:Los Angeles). Le déroulement est abondamment explicatif et démonstratif, ne fait que remplir le vide et se justifier ; tout ce manège ne sert à rien, n’a aucun sens profond et ses intentions sont banales. Killing Room aurait mieux fait de s’assumer comme un simple thriller avec pitsch malin ; à vouloir se créer des intentions et une subtilité tacite, il génère plutôt l’indécision du spectateur. L’ensemble n’est jamais vraiment divertissant ni stimulant en tant que film à suspense ou simple programme de survie, il est aussi assez ennuyant au rayon métapolitique.

Un public inexpérimenté pourra adhérer, tandis que les autres suivront avec nonchalance cette alliance à la fois vaine et bien décidée de Cube et Saw. Killing Room fait marcher la machine à fantasmes sur les effets de la paranoïa américaine post-11 septembre, sur les complots et sur les déviances des puissances occultes. Problème (mineur), Liebesman et ses auteurs ne comprennent manifestement rien ni à la politique, ni aux rapports de force internationaux, ni aux affaires du monde. Le film ressemble à ce que des amateurs désireux d’épater (et de s’épater) auraient pu extrapoler. Cette sincérité plaide en sa faveur, tout comme la recherche d’intensité de l’écriture (dans les rebondissements et l’exposition des motivations – il manque cependant la personnalité des postulants malheureux).

Note globale 43

Page Allocine & IMDB

Suggestions…

Voir le film sur StreaMafia

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Voir l’index cinéma de Zogarok

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