TEAM AMERICA – POLICE DU MONDE ***

30 Août

4sur5   Parker et Stone lancent la Team America au son de « America fuck yeah » dans une course contre le terrorisme, le Moyen-Orient, les « liberals » hollywoodiens emmenés par Alec Baldwin et un Kim Jong-Il héritant du pire de Cartman. Une seule mission : l’humiliation de l’Amérique contemporaine, tant de ses défenseurs transis et illuminés que de ses pourfendeurs labellisés.

.

Fidèles à eux-mêmes, les deux auteurs se moquent de la beaufitude de chaque parcelle de la civilisation humaine. Ils sont cependant moins bassement potache que dans leurs précédents métrages (Capitaine Orgazmo) et, à l’instar de South Park, ancre la bouffonnerie dans la réalité sociale, culturelle et politique du monde commun. Le film est frondeur, puéril, un peu nihiliste a-priori, mais tellement préoccupé par le triomphe d’une méchanceté gratuite qu’il est impossible d’y déceler le moindre message, la moindre lubie ou rhétorique masquée. Il n’y a pas ici de symboles masqués, de manipulation morale ou d’intentions idéologiques : c’est un film qui crache une vision du monde triviale et cruelle. C’est l’œuvre de deux artistes qui ont choisis de prendre la vie comme une comédie remplis d’acteurs d’une lourdeur effarante, qu’ils détournent pour en jouir comme de sales gosses même pas dissidents, juste amusés et même assez exaltés par ce théâtre si gargantuesque et limpide.

.

Le film n’a pas la précision ni l’intensité de South Park, mais il en conserve l’acidité sous le vernis de la nonchalance. Les fans retrouveront quelques morceaux ou pratiques familières, dans les séquences chantées ou certaines anecdotes ou running-gag discrètement invoqués. Voilà un spectacle flamboyant et résolument farfadesque, un film-troll outrageux et jouissif. Il brille moins par son originalité que par son ardeur à railler ; car après tout, il se concentre sur le Monde et ne fait qu’enchaîner les digressions et le redessiner avec une brutalité caustique. Avec une virtuosité exemplaire. Cette façon de torpiller les hystéries notoires est hautement bénéfique, elle relève vraisemblablement d’une compensation adroite d’un sens du devoir oublié.

.

Les ergoteurs pourront les tenir pour lâches, puisqu’ils ridiculisent quelques camps antagonistes sans trancher eux-mêmes ; mais l’intérêt de Parker et Stone n’est pas dans la recherche du Juste ou l’affirmation d’une conviction (on peut d’ailleurs regretter cette absence de participation aux combats idéologiques). Leur volonté est la parodie ultime, mais pas sournoise ; virulente et transparente, comme un sale gosse, pas comme des héros. Ils osent ce que d’autres esquissent, parce que trop timorés, trop attachés ou crédules.

Note globale 72

Page Allocine

.

Voir l’index cinéma de Zogarok

.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :