REPO! THE GENETIC OPERA **

13 Août

2sur5 Réalisateur des Saw 2, 3 et 4, Darren Lynn Bousman s’illustre par la suite avec l’opera-rock Repo ! puis le thriller et remake Mother’s Day. Ce dernier jouit d’une excellente réputation, tandis que Repo (2008), déjà culte, possède une vaste communauté de fans ; sa distribution limitée, sa disgrâce critique contrastant avec une certaine ferveur publique, ses contraintes budgétaires, sont autant d’éléments concourant à en faire un film incompris, voir maudit ; et ainsi plaider en sa faveur.

Dans un futur proche apocalyptique, le marché des organes a été légalisé ; l’entreprise GeneCo en détient le monopole et constitue le véritable pouvoir dans ce monde sinistré. Les Repo Men, récupérateurs pour son compte, prélevant directement sur les clients en défaut de paiement, cohabitent avec les pilleurs de tombes et trafiquants illégaux (comme Grave-Robber le narrateur). L’histoire se déroule autour de deux espaces dominants : celui de Rotti Largo, le patron cancéreux de GeneCo, devant assurer sa vengeance et sa succession avant sa mort imminente ; celui de Shillo Wallace (Alex Vega, à la voix dégueulasse et lénifiante, au contraire de Sarah Brightman, qui a le mérite d’avoir un timbre propre), une gamine étouffant dans ce monde sordide et dont le père cache de lourds secrets. Elle vient d’avoir dix-sept ans, c’est le gros argument teen : bref, c’est le boulet de la troupe.

Ambitieux, Repo se distingue par l’originalité de son univers (dystopie gothique). Il repose sur une combinaison de raffinement esthétique (fondamentalement, dans les décors) et de mauvais goût assumé, surtout dans la musique, plutôt banale au demeurant. Problème : c’est une finalité du genre (comédie musicale) et rien qu’à ce niveau, les rapprochements avec les classiques Phantom of the Paradise et Rocky Horror Picture Show, dont l’emprunte est tacite, sont naturellement abusifs et exclus.

Amusant et suscitant la curiosité au départ, The Genetic Opera exige un état d’esprit et cible un public particulier. Le plaisir de la découverte se tasse rapidement ; on décroche malgré soi, y revient avec une attention molle grâce au lot de situations excentriques (parfois assez proches d’un mix entre Charlie & la Chocolaterie et Tokyo Gore Police) ; le courage de Lynn Bousman permet de chasser l’ennui et la lassitude. Pour la lourdeur, il faudra s’en accommoder, elle fait partie du paquet, tout comme les passages en mode comics (généralement pour présenter des personnages-clés), de loin la partie la plus inspirée.

Dans l’ensemble, il plaira surtout aux convaincus et aux fans d’Avril Lavigne, de metal softcore, de V-Videos japonais et de Tim Burton. Pour les autres, le gore pugnace et la présence parodique d’une Paris Hilton laide à en faire gerber son papounet (triplement qualifiée aux Razzie Awards pour cette prestation), puis surtout le dépaysement général, feront (devront faire) l’affaire.

Note globale 52

Pages Allocine & Metacritic   + Zoga sur SC

Aspects favorables

Aspects défavorables

* style formel recherché

* narration et concept SF décents

* tribalisme intrinsèque (qualité et limite)

* reste une (autre) comédie musicale criarde et niaise

 . 

 Voir l’index cinéma de Zogarok

.

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