SAGA L’ARME FATALE **

11 Août

arme fatale 1

L’ARME FATALE *** 

3sur5 Après avoir gagné le respect suite à sa Malédiction (1976), Richard Donner s’est illustré dans le cinéma d’action et d’aventures. Il connaît de gigantesques succès en tentant de déringardiser Superman (1978) puis avec Les Goonies (1985), film phare pour de nombreux enfants d’une génération. Après ce dernier il enchaîne sur L’Arme fatale.

Dans cette comédie policière, la brigade de Los Angeles forme un nouveau tandem dépareillé, lancé sur une affaire de suicide. Roger Murtaugh (Danny Glover) est un père de famille préparant ses vieux jours et aspirant à la tranquillité ; Martin Riggs est un fou furieux auto-destructeur, dont les audaces, voir l’inconscience et la rage, fournissent en général des résultats fracassants. Ce rôle va profondément marquer la carrière de Mel Gibson, devenant par ailleurs l’acteur fétiche de Donner (Complots, Maverick).

Ultra-typé et ancré dans son époque (costumes, effervescence et décontraction 80s), L’Arme fatale ‘ose’ beaucoup pour un film grand-public de son calibre. Le langage est cru, le suicide inaugural s’accompagne de quelques gratifications érotisantes, l’entrée de Gibson se fait cul nu face caméra. En vertu des dérangements de ce bohémien, le film prend volontiers une tournure assez sombre. La violence est rude, jusqu’à aboutir à des scènes de torture, certes survolées et vite digérées.

Le bougisme paie, les provocations sont désenflées, au prix parfois de la congruence (bagarre finale mal justifiée). Classique dans son registre, ce film d’action ouvre une vague de buddy-movies sévissant dans les blockbusters US des années 1980 et 1990. Il engrange des recettes phénoménales qui motiveront trois suites, avec le même réalisateur, le même tandem et Joe Pesci à la place de Gary Busey. Le niveau chutera tout le long de la saga mais la marque ne fera que se renforcer.

Note globale 64

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Mrs Doubtfire

Scénario & Ecriture (3), Casting/Personnages (3), Dialogues (2-3), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (2), Ambition (3), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (2)

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arme fatale 2

L’ARME FATALE 2 **

3sur5 La première suite de Lethal Weapon arrive vite, seulement deux ans après. Dès ce second opus, il devient clair que la saga ne saura s’envoler sérieusement. Mais si les épisodes suivants seront de trop, celui-ci est plus qu’honorable. Mel Gibson en est toujours le principal atout : il reste survolté mais fait un pas décisif vers l’accalmie, du moins concernant le flirt avec la démence. Le film est loin d’y perdre en puissance, il est même plus nerveux que son prédécesseur.

Il n’y a plus de bases à poser ou d’originalité à leurrer, c’est le temps du déchaînement, dans les règles du cinéma pop-corn flatteur, vulgaire et racé. L’Arme Fatale 2 nous embobine allègrement, avec son scénario niais et bâclé, sa série de scènes qui tachent. Il tape dans le trivial dur et en donne au spectateur pour son argent en terme d’anecdotes : Roger régale en enchaînant les situations embarrassantes.

Joe Pesci fait son entrée et sera le troisième homme dans cet opus et les deux prochains. Sa présence trouve un prétexte ‘au burin’ et il y a d’autres éléments forcés : l’entrée de la psychiatre est d’une ironie misérable. Et pendant que Martin (Gibson) séduit les femmes presque malgré lui, des nazis tiennent le rôle des méchants. Leur antre est cossue, de petits pics incongrus viennent ponctuer leur froideur absolue.

C’est paresseux avec une pointe de ridicule, mais managé avec vigueur. La sophistication de la mise en scène (et surtout la superbe photo) tranche avec la fadeur du premier opus. L’évolution de Gibson attire la sympathie et bénéficie en priorité de la candeur généralisée. Son idylle avec une blonde au caractère d’une perfection surnaturelle amène une touche d’élégance. LW2 met en œuvre clichés, légèreté (voir gratuité) et moyens sophistiqués pour faire plaisir, il y parvient, sans accéder à plus.

Note globale 60

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Dans la ligne de mire  

Scénario & Ecriture (2), Casting/Personnages (3), Dialogues (2), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (1), Ambition (3), Audace (2), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (1)

 

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arme fatale 3

L’ARME FATALE 3 *

2sur5 Le plus gros succès de la saga et le moment du décrochage. Le second opus avait un côté ‘comics’ ; l’original se cherchait, installait ses bases avec lenteur parfois, celui-là était caractérisé par un lâcher-prise sur toute question de fond ou de caractère, pour un maximum de soin dans la forme et de panache dans l’action. C’était ‘facile’ mais virtuose : au contraire, Lethal Weapon 3 est assez mal foutu.

Au lieu d’être simplement bâclé, il recycle bassement et ne joue plus avec des éléments séduisants. La ‘Martin girl’ au rendez-vous n’a aucunement le charme de sa prédécesseuse, même si Rene Russo est à son aise dans cette peau d’inspectrice dure à cuire. La narration est totalement décousue (semaine pré-retraite incompréhensible), l’hystérie fait son office, sans élans véritables et les schémas classiques sont repris avec peine. L’enquête ou du moins l’affaire décolle tardivement, le suspense est absent.

Il y a bien quelques tièdes innovations, la ‘Martin-isation’ de Roger, Pesci élargissant sa gamme, quoique les contributions de son personnage restent faibles. L’histoire tombe en lambeaux, les personnages sont peu pertinents ; tout s’étiole. Et bientôt, après une séquence incendiaire, c’est déjà fini et il n’y a guère de bilan à dresser. C’était pauvre, ou plutôt, d’une densité massive mais sans contenu, avec des petits débuts de bouts d’éloquence – au sens de l’action-movie brutal.

Note globale 41

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Ghostbusters

Scénario & Ecriture (1), Casting/Personnages (2), Dialogues (1), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (1), Ambition (2), Audace (2), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (1)

 

 

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L’ARME FATALE 4 **

2sur5  Dernier opus de la saga L’arme fatale, ce quatrième acte sort plusieurs années après la trilogie (ramassée en 1987-92). Cet été 1998, Mel Gibson lui-même est devenu « trop vieux pour ces conneries ». Il est plus sec et a perdu sa coupe mulet. Mais c’est le dernier round, assurément, alors il pourra encore viser plus haut que ses os ne lui permettent. Cet opus arrive alors que la saga aurait déjà dû mourir et c’est une gaudriole jusque dans sa conception. Une gaudriole chaotique, effervescente et misant à fond sur le capital sympathie ; si on est dans la connivence, c’est probablement, sinon un régal, au moins quelque peu ‘touchant’.

Même dans ce cas de figure on ne peut être aveugle à ses ‘scories’ pachydermiques. Après une intro fracassante où l’hystérie devance tout, le film va s’éparpiller en sous-intrigues, bientôt omises en chemin. La politisation elle-même se trouve inexplicablement évacuée : les immigrés du départ s’envolent quasiment, Chris Rock joue un flic défenseur de sa minorité ethnique ; logiquement, car il faut aller au bout des choses tant qu’il y en a, il se met à relever du « racisme » partout.. Et plus rien, plus de vannes paranos ou d’élans compassionnels disproportionnés, tout comme les obscurs délires autour des héritiers de Mao s’invitent brutalement pour ne faire que meubler.

Les embrouilles verbales ne sont pas moins WTF. Les motivations des mafieux hong-kongais sont incertaines, mais ils ont le mérite d’amuser la galerie indirectement et d’introduire Jet Li à Hollywood (qui y participera à des choses très stupides comme The One). Tout ce qui assure la continuité, c’est le dilemme concernant Martin (Gibson) et Lorna (Rene Russo, dont le personnage s’avilit), pour le moins trivial et rachitique. Malgré tous ces vices, L’arme fatale 4 n’est pas pire que le 3 et il est surtout plus aimable. C’est d’ailleurs son ambition manifeste et il s’en donne les moyens, multipliant les ‘private’ joke et étalant sa joie jusqu’à épuisement.

Cela implique des running gag (pas nécessairement pour les initiés, comme avec la photo) et des farces hasardeuses, comme cette séquence du gaz hilarant. Et si le 3 n’arrivait pas à se lancer, celui-ci ne sait pas s’arrêter : il y parvient sur la capture d’une photo souvenir, scellant l’esprit « famille » (sans recycler les anecdotes passées, juste en célébrant ce bonheur d’être ensemble). Il n’est pas évident de s’exalter autant que les tribus à l’écran, mais au moins le capharnaüm contient quelques envolées (la poursuite sur l’autoroute) et la violence est assez corsée, rapprochant ce chapitre final de l’inaugural.

Solaire et bas-de-plafond, cet opus demeure plutôt mauvais comme l’état l’ennuyeux troisième opus. Cela fait de L’arme fatale une saga très mitigée. Avec ses deux premiers volets, elle s’en tenait au blockbuster ‘d’été’ respectable et plaisant sans effort. Mais il a fallu qu’elle imite de façon inintelligente la structure sitcom, tout en essayant de s’octroyer des accents mélos où elle se ratatine – sauf peut-être par le biais de Joe Pesci, dont le personnage n’a jamais autant tenu debout. Idem pour la psy, dont c’est la meilleure apparition de la saga, sinon la seule vraiment ‘bonne’.

Note globale 44

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions…

Scénario & Ecriture (2), Casting/Personnages (3), Dialogues (2), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (1), Ambition (2), Audace (2), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (1)

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Voir l’index cinéma de Zogarok

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Autres sagas : Die Hard, Freddy-Griffes de la Nuit, Guinea PigHalloween, Hellraiser, Massacre à la tronçonneuse, Spider-ManTomates Tueuses, Vendredi 13

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