SEANCES EXPRESS n°11

7 Juil

> La Famille Tenenbaum*** (66) comédie USA

> Point Break* (39) action/policier USA

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LA FAMILLE TENENBAUM ***

3sur5  Wes Anderson semble toujours attiré par les quotidiens opulents et extraordinaires de personnages naturellement géniaux. Dans ses films, il s’acharne à fabriquer des familles d’excentriques qui sont autant de mafias haute-en-couleurs. Cette recherche trouve son point d’orgue avec La Famille Tenenbaum.

Il y a trois grands atouts. D’abord, le style très identifiable de l’auteur, léger et survolté, poétique et vachard, incendiaire comme peut l’être un authentique mais frivole collet-monté.Ensuite, le ton paradoxal de l’œuvre, jouant sans cesse sur le registre de la comédie hystérique et du drame imminent. Le résultat n’est pas déchirant un instant (ou si brièvement), mais crée une atmosphère laconique et maniaque (amplifiée par le soin manifeste voir l’obsession du détail) plutôt charmante.

Mais tout ceci serait bien superficiel s’il n’y avait pas ce formidable père prétendument mourant (Gene Hackman/Royal Tenebaum) réclamant auprès de lui la famille qu’il a détruit. Il n’est pas cynique ni opportuniste : il joint le nécessaire à l’envie sincère. Ce vieux déjanté permettant enfin à sa famille de profiter de ses mille vies et facettes réclame que sa souffrance soit prise en charge et en contrepartie, se mêle de la vie de ceux qu’il a abandonné, devient mielleux, les encourage tout en étant condescendant. Cet envahissement compensateur n’entame rien de ses réflexes indignes ni de son aplomb fascinant à nier l’évidence (paroxysme hilarant avec le  »beau-mari » black).

En se concentrant sur les retrouvailles chaotiques entre ce vieux teigneux provocateur par habitude et les siens, le film est à son meilleur. Ses sarcasmes et son faux-flegme empêchent l’alignement de saynettes exaltées ou insolites, si inspirées soit-elles. Ainsi les élans d’empathie pompière ou les vignettes  »bohèmes » ne seront que des errances de parcours (avec un côté psy’ trash bien péremptoire), des germes encombrants (et additionnels). Globalement, c’est une comédie sophistiquée et une fantaisie brutale de la meilleure espèce.

Note globale 67

Interface Cinemagora  + Zoga sur SC

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POINT BREAK *

2sur5 Après avoir obtenu une certaine assise grâce aux Frontières de l’Aube, Kathryn Bigelown signe ce film-culte des 90s, plongeant auprès de surfeurs mystiques et de bandits masqués en anciens Présidents américains. Pour la petite histoire, Point Break est co-produit et co-supervisé par James Cameron, époux de Bigelow avec qui elle rompra dans la foulée ; il reprendra pour son Titanic le « Je suis le roi du monde ».

Rencontre  »au sommet » entre Patrick Swayze et Keanu Reeves (le premier deviendra bientôt un ringard modèle, le second un acteur-phare d’Hollywood), Point Break ne fait que révéler l’inanité du jeu de ce dernier. Et permet de réaliser, si le constat nous avait encore résisté, combien il s’agit d’une simple belle gueule relative inadéquate dans la plupart de ses prestations (Matrix étant l’une des rares exceptions).

Efficace, corsé et relativement violent, Point Break est un divertissement honnête mais aussi grandiloquent et démonstratif qu’il est viscéralement pauvre, intrinsèquement au ras du bitume. Les séquences de braquages ont plus de panache et de style que le reste, laborieux et plein de faux-semblants trop voyants. L’infiltration dans le milieu du surf, les séquences de conflits ou de concurrence, sont assez poussives. Comme son héros, le film est meilleur lorsqu’il est mutique ou se jette dans l’action pure (mention spéciale au saut aveugle de Reeves). En effet, le scénario faible et les dialogues niais ne heurtent pas tant que l’existentialisme grossier.

Note globale 39

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

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Séances Express : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10,11

Voir l’index cinéma de Zogarok

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