LA TOUR INFERNALE ***

22 Juin

3sur5  Pierre angulaire du film catastrophe, La Tour Infernale (1974) est le résultat de l’association de Warner Bros et 20th Century Fox, unissant leurs forces pour capitaliser sur le genre naissant. Ils engendrent un monument de pyrotechnie dépassant par son ampleur, son budget, mais aussi son casting (une douzaine de grandes stars rassemblées – dont Faye Dunaway qu’il est un peu déroutant de trouver exclusivement comme une girl-friend déchirée), Tremblement de terre et L’Aventure du Poséidon (1972), pionniers du domaine aux succès considérables.

Faisant référence à un événement tragique survenu à Sao Paulo, le film offre la vue d’une tour de 137 étages en feu. Excitant quelques peurs primales sans s’approcher de l’abîme (avec cependant un mémorable élan de lâcheté humaine menant à la perte de la bouée), La Tour Infernale est efficace par son art du suspense, ses effets spéciaux sophistiqués et impressionnants, aptes à faire illusion même aujourd’hui (le premier homme prenant feu, le suicide) ; il est aussi conventionnel par sa morale surfaite, bien que positive. Le métrage est dédié aux pompiers et leur fait honneur, au travers des héros courageux menés par Steve McQueen, mais aussi pour son message.

Sur ce plan, le film de John Guillemin (Mort sur le Nil, Sheena) est emprunt d’une bonne volonté désarmante mais aussi d’une candeur hilarante, éclatant avec son final sous forme de dénonciation de ce « foutu piège à feu », symbole détenteur de « la connerie humaine ». La Tour Infernale apparaît comme une critique, manichéenne et bienveillante, des apprentis sorciers avides (l’argent avant la sécurité) et illusionnés (leurres de l’homme sur sa toute-puissance, avec démonstration du retour de bâton sur son phallus géant tendu vers les cieux). Il est plus congruent sur le plan sociologique, montrant une élite s’estimant intouchable et justifiant par sa place au sommet de minimiser la gravité du trouble affectant plusieurs paliers en-dessous : la métaphore est frontale.

A son meilleur, La Tour se consacre aux scènes d’actions pures (supervisées par le producteur Irwin Allen, déjà au poste pour L’Aventure), où le survival intense se mêle aux atmosphères mainstream, cérémonieuse ou en panique selon le contexte. Revers du pop-corn exalté, quelques défauts de crédibilité sont présents (la porte encimentée, l’explosion d’hélicoptère) ; l’empressement dont ils font preuve ne fait cependant que renforcer le spectacle et amplifier les épreuves. Au contraire, le film pêche davantage sur le terrain mélodramatique, avec ses tunnels de dialogues superficiels (pas désuets du tout, mais inutiles).

La Tour Infernale rayonne toujours sur le genre ; son influence reste patente dans les blockbusters catastrophes, au point que le remake de Poséidon semble davantage inspiré de celui-ci.

Note globale 67

Page Allocine + IMDB   + Zoga sur SC

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