1492, CHRISTOPHE COLOMB ****

18 Juin

4sur5 Commande majestueuse destinée à célébrer les 500 ans de la découverte de l’Amérique par l’Occident, 1492 demeure l’un des vilains canards de Ridley Scott avec Hannibal et Legend alors que, comme ceux-là, il s’agit de l’un de ses films les plus édifiants. Pourquoi cette mise au ban ? Déjà, le film est loin d’être l’objet consensuel que les studios s’attendaient probablement à délivrer à leur Nation chérie (d’ailleurs, le financement fut finalement européen dans l’ensemble, les grands studios se désistant à la lecture du scénario). Ensuite, il est si dense, si fulminant, si bancal peut-être aussi, que 1492 a pu rebuter par son trop-plein thématique. Mais ce n’est pas tout et décidément, on comprend pourquoi le film a pu être rejeté par tant de sensibilités.

Ridley Scott prend des libertés avec l’Histoire et la chronologie, que ce soit au niveau de Bobadilla, de la découverte de la route des Indes, de la remise en question qui fut beaucoup plus précoce de la politique menée par Colomb. Il passe outre l’esclavage initié par le navigateur. En lieu et place, il offre à voir la tentative de construction d’un paradis et le cauchemar, le chaos en retour.

Le Christophe Colomb de Ridley Scott est une figure idéalisée de pionnier rebelle, mais aussi complexe et dérangeante. Ce n’est pas un simple pion des autorités espagnoles, c’est véritablement l’homme d’un Nouveau Monde, un ange et un despote à la fois. Ce Colomb est un passionné et un anticonformiste, c’est un personnage paradoxal, un insoumis, presque un fanatique, qui voit au-delà des lois et de la Raison.

La mise en scène est sobre, la reconstitution elle est faste. Ridley Scott sait fabriquer des aventures épiques profondément existentielles, de celles qui vous prennent à la gorge. Le spectateur y retrouve cette éternelle quête de sublime (la BO de Vangelis est d’un lyrisme triomphant), ce soin du détail cher au réalisateur. Sa peinture est excessive, sans doute peu réaliste, néanmoins 1492 est une quête de vérité. Le résultat est peu reluisant pour l’Amérique et ses origines (plongée dans l’obscurantisme de l’Inquisition, extrapolée sous toutes ses formes), au point que 1492 peut sans doute être abordé comme l’échec d’un  »rêve américain » prématuré. Le rêve de civilisation a débouché sur une barbarie notoire ; habile commentaire sur la beauté criminelle du geste utopique.

Note globale 82

Interface Cinemagora  + Zoga sur SC

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :