UN PROPHÈTE **

31 Mai

un prophète

3sur5  Grand Prix du Jury à Cannes en 2009, Un Prophète a été un phénomène ; de ces films tellement cités qu’ils en arrivent à produire malgré eux des polémiques à partir de points de détails, se voient attribuées des étiquettes ou des vertus ne les concernant pas. Si Un Prophète est plutôt dans le haut du panier ‘naturaliste’ à la française (par rapport aux films de Kechiche, à Polisse, etc), il n’est aucunement un renouveau pour le film policier en général ou de prison en particulier.

La première de ses qualités est son casting ; outre l’acteur principal Tahar Rahim, aussitôt passé de l’anonymat au rang des acteurs français les plus courtisés, c’est surtout la performance de Niels Arestrup qui retient l’attention. Lorsqu’il apparaît dans son costume de vieux loup corse, le décalage frappe, puis très vite ce personnage à contre-emploi s’avère l’un des plus riches de sa carrière. Ce n’est pas Milo de la trilogie des Pusher, mais il en a le potentiel.

Ses camarades ne sont pas tous si profondément taillés que lui, seule une poignée de très proches collaborateurs de Malik bénéficiant d’un portrait digne de ce nom, tandis que la plupart ne font que manifester des comportements ‘collectifs’, sans autonomie, comme des figurants en somme. On se focalise sur la transformation convenue de Malik, de type frêle vers la position de petit baron. Cette transformation est externe, Malik en lui-même restant presque inchangé, avec sa personnalité plutôt effacée, très sobre, adaptable, un peu candide.

Le programme est d’un réalisme franc, sans extravagances (pas de ‘révélation’ malgré les suggestions du titre et quelques remarques parsemées le long de la séance) ; c’est aussi l’oeuvre d’un styliste (parfois mielleux). Ce n’est pas le cas de tous ses concurrents : il creuse encore l’écart en snobant sa fonction supposée de drame social, qu’il semble embrasser au départ pour mieux la stériliser en une courbette de principe. Il en résulte une fiction raffinée, avec une grande intelligence pour mettre en scène la psychologie de son sujet (plutôt qu’une étude véritable), par exemple lors du rêve suivant la mort de Reyeb.

Note globale 60

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC

Suggestions… Il était une fois en Anatolie + Tomboy 

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Scénario & Ecriture (3)

Casting/Personnages (3)

Dialogues (3)

Son/Musique-BO (3)

Esthétique/Mise en scène (3)

Visuel/Photo-technique (3)

Originalité (1)

Ambition (4)

Audace (2)

Discours/Morale (-)

Intensité/Implication (3)

Pertinence/Cohérence (3)

 Voir l’index cinéma de Zogarok

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2 Réponses to “UN PROPHÈTE **”

  1. Moonrise juin 3, 2015 à 00:25 #

    Ta note est finalement sévère comparée au commentaire que tu fais de ce film ! Le personnage du mafieux corse était en effet assez marquant.

    • zogarok août 8, 2015 à 03:29 #

      Surtout à cause de l’acteur (Niels Arestrup), le personnage en lui-même étant sans relief particulier.

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