NEKROMANTIK *

24 Mai

2sur5  Interdit dans plusieurs pays, c’est un de ces mythes scabreux, un A Serbian Film ou POAK avant l’heure. En effet c’est l’un des seuls films à se focaliser sur la nécrophilie, tout en insistant sur la mort, qu’il cherche à filmer en face, notamment en mettant en scène un accident de la route et exposant des corps déchiquetés.

Robert, ramasseur de cadavres, satisfait grâce à sa profession son obsession pour la mort ; il développe à son égard une proximité, des désirs érotiques. Il partage cette passion avec sa petite amie Betty. Un jour, collectionner des morceaux volés ne suffit plus. Le couple invite un vieux squelette dans ses ébats.

Pure déviance underground, Nekromantik intellectualise laborieusement son propos par le biais du langage (les propos d’un présentateur dans une émission, quelques discussions) et tente une sorte de critique de la présence de la violence au cinéma, en particulier via les slashers. Cela ne l’empêche pas de chercher à montrer  »la mort » par tous les moyens.

À cette fin, le premier film de Jorg Buttgereitt s’étend sur la mort (tirs aux pigeons, chat sacrifié) et le dépeçage d’un animal (un pauvre lapin), musiques cacophoniques à l’appui… or ces images concernant un lapin sont d’une grande banalité pour quiconque aura vécu à la campagne, enfin passons. La question est : où est l’intérêt ? Quelle sorte de tension envahi les adeptes du film lorsqu’une séquence entière nous montre le travail opéré sur un lapin mort en vue de sa transformation en plat de résistance ? Quelle profondeur dans un suicide le sexe éructant alternant avec ledit dépeçage … Voilà une vision bien beauf du sens de la vie et des dilemmes de l’existence.

Il en va autrement des scènes purement nécrophiles, romantiques à souhait et un peu grotesques, soulignées par une bande-son élégante, où la sensibilité de Buttgereitt se fait sentir. Reste que Nekromantik mal fait, réalisé à l’emporte-pièce ; avec ses gros plans et ses séquences terreuses totalement vaines. Buttgereitt répand la mort partout, quitte à faire l’éloge du vide. Il navigue sans cap ni volonté particulière. Le style mûrira ensuite (Schramm ou même Der Todesking, métrages sur la dépression, l’isolement et la misère), pour le moment il se révèle déjà trash et seulement en cours de gestation.

Et puis, sans vouloir offenser ; naturellement pour le commun des spectateurs c’est un choc sans égal. Pour le cinéphile averti et l’explorateur du cinéma de la marge, c’est juste l’ennui et la banalité la plus transparente, ponctués par des exploits, une audace certaine et une poésie relative. Curiosité morbide, une kitscherie dans son rayon.

Note globale 40

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Blue Holocaust + Cannibal Holocaust

 

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Voir l’index cinéma de Zogarok

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