FROM BEYOND / AUX PORTES DE L’AU-DELA ***

11 Mai

4sur5  Réalisé peu de temps après Re-Animator et en reprenant deux des acteurs principaux (Jeffrey Coms et Barbara Crampton), From Beyond semble rétrospectivement au carrefour de plusieurs masterpieces, en possédant les figures-clés. Outre la dernière demi-heure digne de celle de Mars Attacks et, au départ, la jeune psychiatre aux attitudes rappelant Clarice Starling du Silence des Agneaux (même façon de se vieillir et de restreindre le champ d’action et de vision à ses recherches, non sans gommer les frustrations et désirs manifestes), From Beyond évoque à la fois Hellraiser et un certain pan de l’œuvre de Cronenberg, par ses intérêts et emphases (la souffrance et l’accomplissement par la mutation et la distorsion charnelle).

Seconde collaboration de Gordon et Yuzna (Society) donc, seconde adaptation libre d’une nouvelle de Lovecraft également ; à partir de la nouvelle peu connue De l’au-delà, le tandem conçoit une série B folle, s’attaquant à des sujets gargantuesques (jeux avec la glande cérébro-spinale renfermant le  »sixième sens », flirt avec les morts et la vie éternelle, ouverture d’un monde-parallèle) et instaurant un climat onirique où les déchaînements pulsionnels cohabitent avec les visées fantasmagoriques les plus outrancières. Confrontation de la science au paranormal, travail intense de l’esprit convergeant vers l’exaltation des sens, personnages fous cherchant la toute-puissance dans l’extase charnelle et intellectuelle simultanée : l’exubérance est totale et Gordon-Yuzna se donnent les moyens du carnaval.

Blobesque à souhait, From Beyond frustre légèrement dans sa seconde moitié, car là où des révélations contre-nature plus poussées paraissaient légitimes, il se concentre surtout sur un grand défilé de créatures gores et merveilleuses et délaisse ou brade certaines pistes du Docteur Pretorius ; pour autant il les exploite à fond sur le plan graphique et humain, orchestrant au passage des relations troubles entre les personnages. Et c’est peu de dire que la fascination s’exerce grâce à des transformations spectaculaires et toute la cohorte d’effets spéciaux grotesques et raffinés, impliquant chimères et mauve fluo (on est proche de Inferno). Les images et les freaks s’impriment dans l’esprit, sans égard pour les trois décennies qui nous séparent de la production. La tension n’est pas négligée pour autant et malgré l’incapacité du spectateur à prédire où il sera emmené, From Beyond maintient aussi brillamment le suspense que l’état de jubilation. Ici, le style et la forme font l’essentiel et subjuguent l’aficionado de fantastique ubuesque.

Note globale 75

Page Allocine & IMBD  + Zoga sur SC

.

Aspects favorables

Aspects défavorables

* ludique, débridé, ambitieux, enchanteur

* conjugue le génie et l’allégresse du nanar

* limites sur le plan psychologique et au sujet des thématiques soulevées

 

Voir l’index cinéma de Zogarok

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