SOMEONE’S KNOCKING AT THE DOOR ***

7 Mai

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4sur5 Auteur underground, notamment d’Urban Cannibals, Chad Ferrin sort du bois avec ce film axé autour des effets de la diméthyltryptamine, une drogue dont on connaît mal les propriétés et les dangers, sinon qu’elle amène ses sujets à des hallucinations notoires et des expériences de mort imminente. SKD s’ouvre, outre par un générique arty interminable, sur une scène-fantasme masculine virant au cauchemar (façon Shining, en pire et en gore), annonçant les bizarreries psychédéliques de la mise en scène. A ce titre, l’enterrement au milieu de nul part, dans un décors de néo-western bucolique, est une vision inédite et assez surréaliste, littéralement lynchéenne.

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Cette série B dont on ne saurait trop louer les qualités formelles et plastiques se situe à la croisée des genres : sexualité déviante et surnaturelle, drame teen, investigations policières se confondent et ce cocktail abouti à un produit d’une fraîcheur totale. Chad Ferrin crée un univers en vase clôt, totalement concentré sur les éléments de celui-ci et absent au reste du Monde (et réciproquement), duquel il ne conserve que des repères anecdotiques (interrogatoires, cadre étudiant, répressions morales d’attitudes no limit). Ainsi le film bascule régulièrement dans la plus totale abstraction avec ses séquences à l’érotisme interdit, percutantes et inoubliables, en tête celle d’une sodomie accomplie dans une atmosphère très théâtralisée par ses protagonistes mais masquant surtout un terrible faux-semblant (on croit en une inversion des rôles, on est bien au-delà de cela). Les expérimentations de Ferrin concernent aussi l’utilisation d’une BO à contre-point débouchant sur de purs délires qui risquent de susciter un éventail de réactions parmi les plus improbables chez le spectateur ; que penser de la séquence de boucherie et tentative de viol à l’hôpital sur fond d’électro allègre (on dirait du Boyle enfin affranchi -et sérieusement affranchi- de sa tiédeur) ? Côté narratif, c’est assez déstructuré, mais cette absence de juste mesure a ceci de réjouissant qu’elle donne l’illusion de suivre de façon quasi documentaire les recoins d’un esprit torturé. Enfin les personnages, quoiqu’assez segmentés, sont redoutablement ambigus et la transparence autour de leurs fantasmes permet une identification aisée à l’un ou l’autre.

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Le spectacle est à la hauteur des attentes : débauché et hallucinogène. Sorte de Requiem for a Dream cheap et contre-nature (moins dans la démonstration psychologique aussi) conjugué au jusqu’au-boutisme de Sex Addict, ce n’est vraisemblablement pas « le film le plus dépravé du 21e siècle » comme sa promo l’a clamé, mais un OCNI d’une témérité et d’une liberté de ton impressionnantes.

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Note globale 76

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Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

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Voir l’index cinéma de Zogarok

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