WILLARD ***

24 Avr

3sur5   Ceux qui se sont sentis incompris, boucs-émissaires et les enfants (ou ex-enfants) à l’introversion mal vécue, seront plus enclins à apprécier le film et se reconnaître dans les drames de Willard. Film de Glen Morgan (connu comme scénariste pour X-Files, auteur plus tard du remake de Black Christmas), produit par James Wong, avec qui il a travaillé sur les pitoyables The One et Destination Finale, Willard est une sorte de Dr Dolittle gothique, de production Disney Channel dissipée, de film d’horreur rétro, où un trentenaire hypersensible frisant l’autisme s’entiche d’un rat, puis de légions de rats et en fait l’arme de sa vengeance.

Revanche d’une victime, d’une serpillière-née, pourvue néanmoins d’une allure retenant l’attention, Willard présente un personnage inhibé, pâle, perpétuellement hagard et assez mal bâti, vivant avec sa mère (les emprunts à Psychose sont assumés). Il va trouver un premier écho auprès des rats envahissant sa cave, dont deux se distinguent : Socrate, le seul rat blanc, son compagnon fétiche, son premier et dernier ami ; et Ben, un rat noir massif, le leader des troupes, son numéro 2 ; les autres font partie de la masse aux ordres.

Brillamment incarné par Crispin Gloves (vu dans Dead Man ou Charlie’s Angels), celui-ci est (auto-)entretenu dans le monde de l’enfance ; sa soumission et sa passivité sont des protections, tout comme son statut de victime et d’exploité. En face de cette silhouette fragile, le patron (R.Lee Ermey) a le mauvais rôle, celui du connard définitif, mais peut-être pas si odieux. En effet, il est toujours légitime de s’en prendre à Willard : ce dernier est paresseux, démissionnaire et indifférent ; il se fiche de contrôler son existence ; s’entretient dans ses croyances puériles et son carcan quotidien régressif. Enfin, il ne doit sa seule ouverture au monde extérieur (par le travail) qu’à l’héritage de son père ; et il en est de même pour son refuge, sa maison. Seule Laura Elena Harrine (la star de Mulholland Drive) s’intéresse à cet extraterrestre gauche, à la tenue anachronique et la prestance déplorable.

L’impact émotionnel est constant mais aléatoire dans sa nature ; nous partageant entre la curiosité, la pitié et le sarcasme pour ce spécimen incapable de soutenir le regard d’un de ses congénères. Hésitant habilement entre la parodie et le pathos, Willard évoque un croisement entre Hitchcock et Tim Burton dès son générique : on retrouve notamment l’emphase pour un monde enfantin précocement morbide, avec effets dramatiques appuyés mais sans authentique glauquerie ; puis surtout ce manichéisme retourné dont l’homme d’Edward aux mains d’argent est devenu l’emblème. A noter qu’il s’agit du remake d’un film d’horreur de 1971 totalement oublié, pourtant succès surprise à son époque au point d’appeler une suite (Ben).

Note globale 68

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC

.

Aspects favorables

Aspects défavorables

* exploitation des rats

* aspect visuel

* bizarreries enfantines et interprétation du rôle-titre

* personnages creux (en particulier celui de Cathryn)

* lourdeurs dans le style

Ennéagramme & MBTI = Assez caricatural malgré ses zones de subtilités, le patron est excessivement ESTJ, violemment SO/SP, manifestement 3w2 (quelques côtés 8w9 trompeurs – et surtout, un discours sur la réussite, une obsession des formalités, de l’extériorité, des habitus instrumentalisés et standards sociaux, des échelles de valeurs). Catherine est une EnFJ 2w1 sp/sx.

Le type de Willard est moins reconnaissable, mais je le considère comme un ISFJ 9w1 sp/so. Naturellement Introverti, il est plus ambigu pour le reste ; probablement 9w1 (le centre Instinctif supplanté, avec le recours à l’Emotionnel), il a également des aspects du 6 phobique ; c’est un SP-dom secondé par défaut par SO.

Côté MBTI, il vit sur une Perception Introvertie et un Jugement Extraverti tout à fait dépendant de ses rares références extérieures et des autorités se présentant à lui. Willard est probablement ISFJ, bien que ses bizarreries puissent inciter à le typer IN (avec les croyances limitatives du Ni) : elles viennent davantage de sa condition et de son univers en vase-clos ; toujours rattaché au monde de son enfance, au passé et aux objets éprouvés, soit dit en passant. Il est ainsi clairement Si, malgré l’ombre influente du Ne.

.

.

Voir la chronique d’un fan : VORA

.

.

Voir l’index cinéma de Zogarok

.

Publicités

Une Réponse to “WILLARD ***”

  1. dasola mai 5, 2015 à 09:36 #

    Bonjour, j’ai vu le film de 1971 à la télé il y a plusieurs années et c’était vraiment très bien. Le remake n’est pas mal non plus. Il faudrait que je revois les deux. Bonne journée.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :