LE GRAND DÉTOURNEMENT – LA CLASSE AMÉRICAINE **

20 Avr

2sur5  1993, Canal+ dispose du catalogue de la Warner et est autorisée à tourner un métrage parodique sur la base de centaines de films. Seule limite : Eastwood et Kubrick ne doivent pas être inclus dans le délire. Cela donnera Le Grand Détournement, sous-titré La Classe Américaine, où une foule d’extraits sont associés à des fins parodiques et comiques, avec des dialogues artisanaux et une improbable enquête pour fil rouge, où les flics de Les Hommes du Président cherchent à percer le mystère autour de la mort de Georges Abitbol (John Wayne). En effet, désigné l’homme le plus classe du monde, il a rendu l’âme en lâchant ces mots péremptoires « monde de merde ».

Le début est assez génial, avec notamment des monologues burlesques soignés (le caméo de Orson Welles – « j’appelle ça du plagiat »), mais le film sera plombé par les redondances. Elles atteignent leur paroxysme lorsque Dustin Hoffman part en excursion avec sa moustache ; c’est le ventre mou du film. On pataugera également tout le reste du temps à venir, partagé entre les enfantillages, répétitions et lourdeurs sans lendemain. L’humour de cour de récré et les blagues de puceaux occupent tout l’espace, le pastiche et la farce sont de petit niveau, seules quelques répliques relevant le niveau (« j’ai les bonbons qui collent au papier »). L’essentiel y compris, c’est-à-dire les attitudes des personnages, est bien galvaudé, même John Wayne ne s’avérant pas à la hauteur de sa caricature. La farce tourne court et c’est vite un astre mort qui défile, avec ses pépites isolées, efficaces pour renforcer l’aura culte chez ceux qui auront adhéré ou voudront y revenir.

Par conséquent, Le Grand Détournement est plutôt une déception, inspirant l’ennui passée une première demie-heure souvent croustillante. De même, les délires politiques sont assez faiblards et, par sa nature initiale de téléfilm, les références  »culturelles » françaises amenées à dépérir ou être incomprises (Julien Lepers). « La classe américaine », en tout cas old school, sera bien mieux reflétée dans OSS 117. Le Grand Détournement a pourtant une postérité importante, puisqu’il est concerné par de nombreuses citations (notamment dans des jeux-vidéos) et qu’il a inspiré Mozinor, le célèbre site de détournement.

Note globale 53

Page Allocine & IMDB

Voir le film sur YouTube : 1 et 2 

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Voir l’index cinéma de Zogarok

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2 Réponses to “LE GRAND DÉTOURNEMENT – LA CLASSE AMÉRICAINE **”

  1. Moonrise avril 23, 2015 à 00:42 #

    J’avais aussi été déçue. Des choses marrantes, mais manque de cohérence d’ensemble à mon sens. C’est un délire qui s’étend sur la durée d’un film entier. Un peu creux.

    • zogarok avril 26, 2015 à 15:12 #

      Oui on a à peu près le même avis et la même expérience de ce film 😉

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