SOLEIL VERT **

24 Mar


3sur5  Soleil Vert est un classique secondaire de la science-fiction. Réalisé en 1973 par Richard Fleischer (Le Génie du Mal, Le Voyage Fantastique, Conan le Destructeur), il a connu un franc succès à sa sortie, demeure très estimé et apparaît comme l’un des plus pessimistes dans son genre.

Soleil Vert se déroule en 2022 et présente le sinistre avenir de la Terre, défigurée par la surpopulation (thème plus évident encore dans les 70s qu’aujourd’hui), ne présentant que des paysages désintégrés, des villes devenues des amalgames de bidonvilles. Quelques rares îlots de richesse, artificiels et moroses eux-mêmes. Et aussi, une sorte de smog jaunâtre permanent.

Réquisitoire écologiste, Soleil Vert fait état des ravages de la pollution, dont résulte ce monde hideux et anxiogène, où non seulement les espaces naturels ont disparu, mais où en plus ils n’existent plus que dans les mémoires refoulées de témoins appelés à mourir et emporter cette vision avec eux. C’est le cas du colocataire du héros, un vieil homme évoquant le passé. Le héros lui est un cinquantenaire eastwoodien, viril et badass. Un gardien de l’ordre complaisant mais peu charmé, se contentant de vivre avec ce qu’il connaît. Le film raconte notamment son sursaut vital.

L’autre axe du scénario tient dans le Soylent. Cet aliment de synthèse produit par la multinationale du même nom a remplacé les nourritures ordinaires, devenues inaccessibles. La force et la noirceur du film sont notamment liées à la révélation du secret au sujet de sa fabrication – un point distinguant cette adaptation de son modèle, le roman éponyme de Harry Harrison (1966).

Paré de thèmes ambitieux, Soleil Vert est une démonstration minimaliste, dans son propos, dans ses moyens. Les effets sociaux d’un tel état du monde sont mis en avant, avec notamment les émeutes de populations affamées réprimées par la police (cela donne lieu à une scène particulièrement odieuse et impressionnante). En-dehors de cette séquence, de celle de fin et de l’euthanasie, l’ensemble est assez plat et sans remous, suivant un fil logique et simple, relativement pédagogique. Alarmiste, Soleil Vert trace une route vers la mort, perspective exclusive de demain.

Par leur présence et leur complicité, Charlton Heston et Edward G.Robinson apportent une authenticité que Fleischer néglige par ailleurs – en-dehors de sa rhétorique, la narration est plutôt limitée humainement, pleine de raideurs superficielles. Enfin la prophétie du film peut sembler à la fois galvaudée quatre décennies après et excessive, mais pose des sujets essentiels, montre l’objet de l’angoisse environnementale accompli, avec un monde sans racines ni beauté, sans passé ni lendemain. La vocation politique elle en revanche est franchement pauvre, usant d’ingrédients caricaturaux manifestant l’abjection de l’autorité, entre références à la Shoah et présentation d’un pouvoir cynique. Cet aperçu est peut-être un peu trop nihiliste pour être encore réel. En même temps, ce caractère dépréciatif et univoque renforce la cohérence de la prophétie de malheur.

Note globale 60

Page Allocine & IMDB

Suggestions… L’Age de Cristal + Le Survivant + Rollerball 

Voir le film sur ManiaStreaming (VOST)

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Voir l’index cinéma de Zogarok

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