SÉANCES EXPRESS n°9

23 Mar

> La Fureur du Dragon ** (46) arts martiaux Hong-kongais

> Shadow ** (47) horreur Italien 

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LA FUREUR DU DRAGON **

2sur5 Bruce Lee est une valeur montante à partir de Big Boss ; un an plus tard en 1972, La Fureur de Vaincre le porte en triomphe et quelques mois après, c’est l’apogée avec La Fureur du Dragon, plus gros succès commercial de la « bruceploitation ». Tourné dans des conditions chaotiques à Rome, l’œuvre a une valeur pittoresque indéniable, renforcée par la multiplicité des versions, les (précoces) auto-citations et son statut de premier film chinois tourné hors de Hong-Kong.

Les concours de circonstances manquent de goût. Paré d’un capital sympathie indéniable, La Fureur du Dragon frappe tout de même par la désuétude de son humour, son scénario délibérément niais et répétitif et les mines ahuries de ses interprètes. Bruce Lee lui-même a pris en charge la réalisation du film et c’est une erreur, car si le programme en devient paroxystique, la maturité artistique (et technique) dont il fera preuve sur Le Jeu de la Mort est encore totalement absente et rien ne contraint le Petit Dragon dans l’alignement d’acquis et réflexes pauvres ou maladroits en eux-mêmes. Le film atteint alors des sommets de candeur, dont les charmes opéreront inégalement : générosité aveugle pour les fans, fond nanardeux mais expression pas sans grâce pour les simples spectateurs avertis, tâtonnements et légèreté aux frontières de l’absurde pour le curieux.

En même temps et c’est assez problématique lorsque le dévouement de Bruce Lee est aussi transparent, La Fureur du Dragon ne va jamais au bout de ces idées. Le scénario est donc extrêmement futile et capricieux, l’intérêt étant essentiellement dans la sanctification de Bruce Lee et dans les scènes de combats. Mais celles-ci sont peu gratinées, bien que l’ultime séquence face à Chuck Norris dégage une grandiloquence salvatrice. Entre-temps, le réal n’a pas su gérer le moindre suspense, pas su insuffler le moindre enjeu, ni introduire une moindre zone d’incertitude ; l’acteur est trop occupé à suivre sa trajectoire tout en paraissant citer les étapes. Il y a une ferveur en lui dont il témoigne, mais que jamais il ne songe à mettre en scène, à habiller ou à explorer. Cette course obnubilée engendre, autour de lui, la constitution de paysages amorphes. Même les réactions des personnages sont standardisées, puisque sitôt leurs laïus débités, ils retournent à leur état de pantin ou de pièce opérationnelle.

Par conséquent, la spontanéité, l’aspect ludique de Big Boss n’est plus là : reste un certain charme, un exotisme de genre, mais jamais La Fureur du Dragon ne s’affirme pour lui-même. C’est un maillon qui ne vaut que pour ce à quoi il est lié. Un pur film-prétexte.

Note globale 46

Page Allocine  + Zoga sur SC

Position sur la Spirale Dynamique : Ambiance rouge très timide (et se découvrant) mutant vers le Bleu (intégrant et acceptant ceux qui en émanent), mais fortement influencée par Violet (qu’il faut défendre), face à la fourberie d’un Orange malsain. Configuration typique du genre et égale dans l’ensemble de la filmo de Bruce Lee. Tous les caractères sont très univoques, les positions sur la spirale également.

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SHADOW **

2sur5  Récent film d’horreur italien (2009, sortie en DTV fin 2011), Shadow est malgré son ostensible volonté, loin de renouveler son genre. Poursuivant les recettes et les schémas les plus archaïques dans le domaine, il tente d’intégrer quelque étrangeté dans le discours mais demeure trop dépendant de ses modèles ou inspirations (Hostel, Délivrance) sur les méthodes. Cependant, Zampaglione livre un métrage condensé (1h10), efficace et divertissant. Il se pourrait que le réalisateur révèle, plus tard, des univers esthétiques clipesques et étonnants, dont le potentiel est déjà éparpillé ici.

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Clairement découpé en trois parties, Shadow révèle très vite une conception de l’horrifique très désuète, lorgnant vers la romance contrariée poussive. Il suffit de relever le triangle dramatique, composé d’un héros sensible, aventurier et maladroit, une intello certainement suave, un plouc au crane rasé lourd et certainement violent.

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Pour justifier ses pratiques de survival ronflant, Shadow va alors se muer en show barbaque (seconde partie) émaillé de surnaturel (dernière partie). Mais le mélange des genres n’est pas mécaniquement efficace ; Zampaglione semble pourtant se contenter de compartimenter grossièrement les sous-genres horrifiques pour conclure sur un  »twist » terriblement lâche, d’une banalité aussi édifiante que les dialogues et les portraits.

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En se parant d’un engagement anti-militariste flou et généraliste, Shadow tente de se conférer une spécificité concrète. Cette  »Zampaglione touch » s’avère laborieuse. Le cinéaste se contente de relier Démineurs et Creep, tout en agrémentant cette curieuse fusion d’une imagerie « post-nazie » ratée sur toute la ligne, ainsi que d’un catalogue « born to wild », où se propage une grâce étonnante mais aussi une complaisance dans le décalage brusque et sans motif.

Cependant, empêtré dans des paradoxes auto-générés, le film sait affirmer une certaine puissance. Si la restriction du gore au profit de finasseries trasho-macabres contrarie la vocation à s’édifier en torture-porn, elle favorise aussi une certaine sophistication. Bien qu’une immersion plus vive dans le monde cette créature caricaturale, quoique raffinée, eut été la bienvenue, le soin technique et l’excellente BO de Shadow compense ses maladresses.

Note globale 47

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Page Allocine + Page Wikipedia (Italie)   + Zoga sur SC

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Séances Express : 123, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 13, 14, 15

Voir l’index Cinéma de Zogarok

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