NO COUNTRY FOR OLD MEN ***

21 Mar

3sur5 C‘est ici que se manifeste Anton Chighth, ce tueur méthodique et froid à la coupe au bol interprété par Javier Bardem. Servi par un casting brillant (Tommy Lee Jones en particulier), No Country for Old Men a interrompu en 2008 le passage à vide des frères Coen (Intolérable cruautéLadykillers). Ce croisement du thriller et du western peut profondément ennuyer à cause de la fébrilité des enjeux, du minimalisme de l’intrigue. Cette frustration peut gâcher le plaisir de la découverte d’un produit si singulier dans ses questionnements moraux, sur le bien et le mal, sur le sens de l’espoir et de la responsabilité. Cette philosophie erratique peut aussi être un voyage insupportable. No Country for Old Men est un film intégriste.

Rapidement devenu culte et adulé par la critique, c’est un film très curieux. Dans No Country, le monde est un gigantesque désert aride, avec des humains paumés dedans, en mesure de se comprendre ou pas. Sorte d’existentialisme absurde au rayonnement absolu. La vie apparaît comme une chose complexe mais brute, peuplée de forces neutres, à l’égoisme pratique. Elles se polarisent selon leurs choix conscients, mais leur démarche est somme toute toujours dérisoire. Et dans ce monde horizontal et spontanément neutre, l’incarnation du Mal le plus pur est elle-même neutre.

Anton est un destructeur presque systématique. Il suit la logique et le programme. Il réagit rationnellement, sans être parasité par le moindre affect, sans être jamais inconscient ou inconsistant dans ses actes. Il est neutre positif. Et autour de lui, les gens réalisent finalement que leur existence ne tient à rien, puis que, peu importe ce qu’ils sont ou ce qu’ils rêvent, rien ne les attend. Et pour le shériff à la retraite, il n’y a pas de nouvelle condition : c’est la dernière séquence de son passage sur Terre, après les autres. Tout ce qui n’est pas neutre et égal est une erreur. Position extrémiste et dans le même temps, réprouvant la moindre polarisation. Et ça c’est particulièrement dévastateur.

Note globale 66

Page Allocine & IMDB

Suggestions… Breaking Bad + Zodiac 

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Voir l’index cinéma de Zogarok

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2 Réponses to “NO COUNTRY FOR OLD MEN ***”

  1. Moonrise mars 21, 2015 à 19:40 #

    J’ai dû le répéter des milliards de fois, mais j’ai fait une sorte de blocage monumental sur ce film. La nuance que tu poses au début de la critique (qu’on voit rarement, au milieu des éloges) a chez moi pris toute la place, au point d’effacer tout le reste. Pourtant, sur le papier, ça devrait vraiment m’intéresser et me plaire. Ce film est une enigme.

    • zogarok avril 26, 2015 à 15:24 #

      Je le comprends tout à fait puisqu’il m’avait laissé circonspect la première fois (je n’avais vu que la deuxième moitié). Hautement respectable mais d’une sécheresse absolue, au sens le plus négatif : un film dont on reste ‘spectateur’, comme on en fait peu.. Je crois que c’est objectivement fait pour être une énigme et la vague d’enthousiasmes reçu en rajoute à cette étrangeté. A Serious Man est très distant aussi avec le spectateur mais montrait un personnage encore animé, alors que dans No Country tout et tout le monde a déserté ou lâché l’affaire.

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