LA CHAIR ET LE SANG ****

9 Fév

4sur5 Sauvage, cynique et violent, Flesh and Blood est le film de la transition pour Verhoeven, exilé aux Etats-Unis suite au rejet des producteurs néerlandais. Dépassant Ridley Scott dans la métamorphose romantique de l’Histoire, le  »Hollandais Violent » avance une vision spécifique de la fin du Moyen-Age, entre dénonciation de la religion, peinture cruelle de ses prochains, combinaison de lucidité trash et d’anachronismes flamboyants à propos de la période (XVIe).

Des serfs avides, des seigneurs lucides ; tous opportunistes et ne connaissant que la rudesse, stimulante et mortifère, du monde ; tous rangés derrière l’ordre naturel, loyaux et sans morale, ils fondent leur destinée sur un signe improbable du Dieu présumé et s’accaparent les rites à défaut de pouvoir exercer la vertu. Dans ce monde, les mercenaires ne sont que la quintessence, l’excroissance finale des attitudes communes

Misanthrope mais pas désespéré, Verhoeven met en scène l’échec des utopies et la perversion des bonnes volontés, à l’image du fiasco des autogestionnaires et des armes de l’obscurantisme. Le tableau est noir et putride, la toile lisse est souillée par les éclats organiques, les instincts indomptés et la sexualité abordée par les relations de domination. Le tableau cherche l’intégralité et déchaîne autant les pulsions de vie, met en valeur les initiatives solitaires et les tentatives de dompter la nature ou l’horreur, éventuellement en tandem. Individualiste, la morale se situe par-delà le bien ou le mal, se préoccupant plutôt de la quête de valeurs et de prestige sans sacrifier la confrontation lucide et téméraire à la réalité et aux évidences crues.

Subséquemment, La Chair et le Sang est l’accomplissement du rêve sombre étouffé dans Legend : la belle et le monstre tombent amoureux, étanchent leur soif dans un château majestueux ; cette fois la princesse se rend mais surtout, elle n’est pas la seule à céder aux tentations. Les personnages du film sont tous trop humains, sans guide, sans mesure ni garde-fou. Ils sont surtout subtilement décrits et Verhoeven s’attache à décliner toutes les facettes de leur esprit ; il n’a pas besoin de flouer les repères puisque l’humanité évoquée n’en a quasiment aucun, s’affirmant ouvertement. Le monstre lui-même, meneur des mercenaires, est simultanément héros sacrificiel et bourreau sadique, ardent chevalier et tacticien pragmatique.

Note globale 81

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Page Allocine

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Aspects favorables

* la virtuosité et les thématiques de Verhoeven rencontrent les techniciens hollywoodiens

* le cachet Hollywoodien tâché de chair, de sang, de sexe et de matières grasses

* réunion des antagonismes au profit d’un réalisme virulent : l’organique et le beau, le luxe et le déchaînement des instincts, le désir et la cruauté, Goethe et Gargantua

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Voir le film sur Dailymotion

Voir l’index cinéma de Zogarok

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