LE DIREKTOR **

14 Jan

3sur5  Un comédien au chômage est mandaté par un PDG pour incarner l’abstrait « grand patron » qu’il mentionne à ses salariés depuis dix ans pour ne pas assumer face à eux ses propres décisions et gagner leur affection. Mais alors que le comédien ne devait s’exécuter que devant cet investisseur islandais exigeant, il se présente à toute la petite communauté. Le lointain patron a maintenant un visage et il va falloir l’incarner.

 

Après Dogville et Manderlay où il adoptait un dispositif théâtral extrêmement lourd, Lars Von Trier livre ce Direktor, bizarrerie dans sa filmographie. C’est une comédie revenant aux principes du Dogme95 qu’il avait soutenu originellement, avec Thomas Vinterberg (Festen), ou plutôt les ressert pour mieux les transgresser ouvertement et avec malice.

 

Car si le manque de ressources est revendiqué et la dimension artificielle de cet espace-temps mise en avant, Lars Von Trier est en plein discours au travers de ce film. Il donne un justificatif à sa vision très noire de l’entreprise et par extension de toutes les communautés humaines, formant des psychoses collectives aberrantes vues de dehors – déjà dans Les Idiots elle concernaient même les plus récalcitrants.

 

Pour capturer l’objet en faisant mine de ne pas s’ingérer, Lars Von Trier laisse donc l’Automavision faire son office. Il s’agit d’un procédé rarement employé où la machine modifie toute seule les caractéristiques de la prise de vue. Le film en viendrait facilement à manquer de substance facilement et il flirte de toutes façons avec la vacuité. Mais les intentions sont là, comme le goût du bon gros canular et soutiennent l’improvisation. Le Direktor se suit comme un grand sketch consistant à mettre à mort le fragile équilibre de la bulle triste où sont enfermés ses personnages. Les allégories concernant les relations entre l’art et l’économie ne sont que des outils.

 

Lars Von Trier installe donc une distanciation généralisée, tout en répondant présent. Il est exactement comme cet acteur amoureux de la technique de Gambini et se prenant un peu trop au sérieux : il est candide et acide, mais c’est sans mesquinerie, juste des observations d’un type détaché et stoique, avec un égo incommensurable c’est vrai. Les acteurs sont en roue libre pour de faux, se laissent conditionner par leur environnement et par les plans de Lars. Les petits commentaires du réalisateur pour encadrer le film sont un peu agaçants, mais somme toute, compris comme un farceur trivial et machiavélique, il fait un travail honnête et précis.

Note globale 57

 

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… La Méthode + Ex Drummer+ La Fille de Nulle Part

Voir le film sur StreaMafia

 

Lars Von Trier sur Zogarok >> Nymphomaniac 1 & 2 (2013) + Melancholia (2011) + Antichrist (2009) + Le Direktor (2006) + Manderlay (2005) + Five Obstructions (2003) + Dogville (2003) + Dancer In the Dark (2000) + Les Idiots (1998) + Breaking the Weaves (1996) + Europa (1991) + Medea (1988) + Epidemic (1987) + Element of Crime (1984)

 

 Voir l’index cinéma de Zogarok

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